Que savent les élèves ? n° 43, décembre 2006

n° 43, décembre 2006

Que savent les élèves ?

 

Actualité internationale

  • Actualité documentaire
    Centre de ressources documentaires du CIEP
  • Le point sur...

    Chili : un système éducatif contesté
  • Note de lecture
    Marylin Osborn, Professeur, Graduate School Education, University of Bristol, Angleterre
    De l'enfant au citoyen : la construction de la citoyenneté à l'école en France et en Angleterre
    , Maroussia Raveaud, Presses universitaires de France, 2006

Dossier

Que savent les élèves ?
Coordonné par Alain Bouvier
Recteur, membre du Haut conseil de l'éducation, professeur des universités de Poitiers et de Sherbrooke, chercheur au LAREQUOI, chargé de mission à l'École supérieure de l'éducation nationale (ESEN), France.

Les acquis des élèves - Introduction [pdf - 366 Ko]
Alain Bouvier

Savoirs et apprentissages fondamentaux à Singapour
Nicole Green, Maître-assistant, Groupe de recherche universitaire sur la petite enfance et les besoins spéciaux, National Institute of Education, Nanyang Technological University, Singapour.
Jen Yi Li, Maître-assistant, Groupe de recherche universitaire sur la petite enfance et les besoins spéciaux, National Institute of Education, Nanyang Technological University, Singapour.
Pei Wen Tzuo, Maître-assistant, Groupe de recherche universitaire sur la petite enfance et les besoins spéciaux, National Institute of Education, Nanyang Technological University, Singapour.
Dans un pays qui encourage le développement d'une économie fondée sur le savoir, l'investissement pédagogique est la source essentielle de la prospérité. Le Programme national a pour objectif d'assurer la réussite de l'apprentissage scolaire des élèves tout en y incluant l'optimisation de leurs dispositions. Il s'agit de former des citoyens capables d'une pensée plus créative, plus autonome pour répondre aux défis économiques et d'enseigner des contenus scolaires liés à des savoirs spécifiques, tout en tenant compte des besoins de chaque élève et en valorisant les capacités et les talents de chacun. Cela implique une redéfinition des notions de savoir et d'apprentissage, de valorisation des processus d'apprentissage, de dépassement de la culture des résultats. La mise en œuvre des ces dispositions ne va pas sans contradictions, ambiguïtés et résistances. Elle suppose en outre la modification et la diversification des modes d'évaluation.

Les standards de formation
Le cas des États-Unis
S. Paul Reville, Maître de conférences de troisième cycle en charge de la pédagogie et la gestion des programmes au sein du département de pédagogie de l'Université de Harvard. Président du centre autonome de recherche et d'études pédagogiques Rennie, États-Unis.
L'article résume l'histoire et l'état actuel de la réforme scolaire dite des standards aux États-Unis. Il examine les raisons qui ont amené les décideurs américains en éducation à élaborer des référentiels de formation clairs, mesurables et applicables à tous. L'article donne un aperçu des fondements théoriques et du fonctionnement de ce système et expose les défis et les difficultés qui lui sont inhérents.

Une politique volontariste d'évaluation des savoirs et des compétences
Le cas du Japon

Daisuke Sonoyama, Professeur à l'Université d'Oïta, Japon.
Les programmes scolaires de connaissances et de compétences sont au cœur d'un large débat dans l'opinion publique et dans la presse au Japon. Les récentes évaluations internationales ont montré une baisse significative des résultats scolaires. Le débat porte sur l'orientation des programmes et des méthodes préconisés par les gouvernements successifs vers la compétitivité des connaissances calquée sur celle du modèle économique néo-libéral, l'éducation devant assurer une nouvelle fluidité de l'emploi devant la naissance de nouvelles industries. Le débat porte également sur l'orientation idéologique à donner à l'éducation et le retour aux valeurs traditionnelles de l'empire symbolisé par les récentes mesures concernant le drapeau national et l'hymne actuel.

Que savent les élèves en Finlande ?
Irmeli Halinen, Sous-directrice de l'enseignement fondamental, direction générale de l'enseignement, Finlande.
Jorma Kauppinen, Sous-directeur des lycées, direction générale de l'enseignement, Finlande.
Pentti Yrjölä, Sous-directeur de l'évaluation, direction générale de l'enseignement, Finlande.
Le système scolaire finlandais se caractérise par une interaction transparente et flexible entre le niveau national et l'action des communes et des établissements. Les objectifs nationaux forment un cadre précis et structuré ; les contenus font l'objet d'une définition de très large envergure (référentiels de programmes).Ils précisent ce que les élèves doivent apprendre (objectifs et contenus pour toutes les disciplines), les orientations pour l'évaluation et les niveaux à atteindre. Le niveau local a une marge de manoeuvre importante pour la programmation des objectifs, des contenus et des méthodes de travail. La dimension la plus essentielle de l'évaluation des apprentissages se situe au cœur de l'interaction enseignant/élève, dans le souci d'aider l'élève. Les évaluations nationales sont utilisées comme outil de développement (et non de palmarès comparatif) aussi bien au niveau national, local qu'au sein d'un établissement.

Au pays de la " culture anti-évaluation "
Les connaissances des élèves brésiliens

Maria Ligia de Oliveira Barbosa, Professeur à l'Université de Rio de Janeiro, Brésil.
Les recherches montrent que les élèves brésiliens en savent en moyenne trop peu. Cet état de fait peut être attribué, d'une part, à un écart entre la définition des programmes d'enseignement et la vie quotidienne à l'école. Il s'agit ici d'un problème de légitimité des politiques éducatives, surtout celles suscitées par le gouvernement fédéral, mais aussi d'une très basse qualification moyenne des professeurs qui les empêche de mener à bien leurs tâches pédagogiques. D'autre part, l'institutionnalisation d'une " culture anti-évaluation " produit une incapacité du système scolaire à bénéficier des informations et des expériences évaluatives. Tout se passe comme si le système ne savait pas ce que savent les élèves et, pire, comme s'il ne voulait pas le savoir.

Ce que savent les élèves.
" L'insoutenable légèreté " de la réalité scolaire française contemporaine

Roger-François Gauthier, Inspecteur général de l'administration de l'éducation nationale, France.
Ce que les élèves confiés au système éducatif français sont censés apprendre n'est pas aussi facile à approcher que le laisserait attendre la centralisation pédagogique en vigueur. Mais ce qu'ils apprennent vraiment l'est encore plus, pour des motifs qui interrogent le système sur certaines de ses routines et dans un contexte promis peut-être à évoluer fortement avec la mise en oeuvre du " socle commun de connaissances et compétences en fin de scolarité obligatoire ".

Que savent les élèves allemands ?
Wendelin Sroka, Chercheur au DIIPF (Deutsches Institut für Pädagogische Forschung), Francfort-sur-le-Main, Allemagne.
Hermann Josef Abs, Chercheur au DIIPF (Deutsches Institut für Pädagogische Forschung), Francfort-sur-le-Main, Allemagne.
Ludwig Stecher, Chercheur au DIIPF (Deutsches Institut für Pädagogische Forschung), Francfort-sur-le-Main, Allemagne.
L'article explicite d'abord les exigences exprimées vis-à-vis des élèves. La mission éducative et formatrice des établissements scolaires est abordée sous l'angle de leurs spécificités structurelles, du rapport entre les programmes officiels et la liberté pédagogique de l'enseignant, puis des référentiels de formation en vigueur sur l'ensemble du territoire, qui proposent une approche renouvelée de ce que les élèves doivent savoir. Les auteurs montrent ensuite comment des évaluations différentes influent sur le type même de connaissances que nous avons sur le savoir des élèves. Deux cas de figure, celui de l'enseignant dans sa classe et celui des tests à grande échelle en relation avec le système de veille sur le système d'éducation, révèlent un type d'évaluation non centré sur le processus d'apprentissage. En ce qui concerne les connaissances des élèves sur l'école, les stratégies d'apprentissage développées varient fortement selon les classes. Enfin, les recherches sur l'apprentissage informel ou non formel montrent que l'environnement constitué par les proches amis et camarades est un lieu d'apprentissage au moins aussi fort que les activités organisées dans le cadre des loisirs.

Comment améliorer l'enseignement et les apprentissages.
Une expérience anglaise

Julia Flutter, Professeur, Faculty of Education, University of Cambridge, Angleterre.
L'auteur, à partir d'une étude menée au Royaume-Uni, montre comment le mouvement Student Voice (" la parole aux élèves ") s'est développé dans les écoles et a permis de parvenir à une compréhension plus fine des élèves et de leur manière d'apprendre. En prenant pour exemple l'utilisation des pratiques d'évaluation, l'article explique dans quelle mesure l'observation approfondie des savoirs et des attentes des élèves conduit à une plus grande efficacité des pratiques pédagogiques. Cette approche, qui dépasse le cadre des seules pratiques, fait partie intégrante du développement d'un système d'éducation efficace et démocratique offrant aux jeunes la capacité d'affronter les exigences du XXIe siècle.

Sur les évaluations et les savoirs des élèves au Portugal
Domingos Fernandes, Professeur, Faculté de psychologie et de sciences de l'éducation de l'Université de Lisbonne, ancien directeur général de l'enseignement secondaire et secrétaire d'État à l'éducation, Portugal.
L'article débat des questions que soulève le processus de détermination des savoirs des élèves dans le contexte du système éducatif portugais. Il montre le poids excessif des évaluations externes, dont la recherche a montré les limites. Il plaide pour une intégration des évaluations internes, qui peuvent fournir une compréhension plus large et plus profonde de ce que savent les élèves. Cette réflexion sur les principales caractéristiques des évaluations externes aboutit à un ensemble de questionnements sur les défis éducatifs auxquels la société portugaise se trouve actuellement confrontée.

Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA)
Jacqueline Levasseur, Département des études, de la prospective et de la performance (DEPP), ministère de l'éducation nationale, France.
Le programme PISA, organisé sur décision des pays de l'OCDE, vise à évaluer, dans un cadre conceptuel commun, les résultats des systèmes éducatifs dans la préparation des jeunes de quinze ans à la vie adulte. L'enquête, réalisée tous les trois ans, évalue les acquis des jeunes dans trois domaines : compréhension de l'écrit, culture mathématiques, culture scientifique, et recueille des informations sur les contextes socio-éducatifs. Au-delà du palmarès international, le PISA donne à chaque pays une image de l'efficacité et de la qualité de son système éducatif. Aussi, le PISA est-il devenu un instrument politique pour de nombreux pays.

Mais qu'évaluent donc les enquêtes internationales ?
Jean-Marie De Ketele, Président du BIEF, professeur à l'Université catholique de Louvain, Belgique.
Les enquêtes internationales ont le mérite d'exister. Elles sont d'excellents tableaux de bord, mais ne sont que des tableaux de bord. Il faut leur donner du sens, de la valeur (évaluer signifie bien " extirper de la valeur "). Tel est le but de cet article. Quelles performances sont réellement évaluées à travers de telles enquêtes? Pourquoi certaines "zones culturelles" ont-elles de meilleurs résultats, non seulement en termes d'efficacité mais aussi en termes d'équité? Grâce à de nouveaux traitements des résultats disponibles, l'article tente de répondre à de telles questions.

Références bibliographiques [pdf - 722 Ko]
Cécile de Bouttemont, Sophie Condat
Centre de ressources documentaires du CIEP

Abstracts

Resumenes