Le droit à l'éducation n° 25, mars 2000

n° 25, mars 2000

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Table ronde
L'évolution des sciences et des technologies et les savoirs fondamentaux

Jean-Louis Martinand, professeur en sciences de l'éducation à l'École normale supérieure de Cachan
Missions de l'éducation scientifique et technique
L'évolution des sciences et des technologies est au coeur de l'évolution économique et sociale des sociétés contemporaines. L'éducation scientifique et technologique pour tous est donc un enjeu majeur de la citoyenneté en ce qu'elle interroge le rapport aux savoirs, le partage des connaissances et l'accès de tous à une culture générale de notre temps. À partir de la définition de quatre missions fondamentales de cette éducation, l'accent semble devoir être placé sur deux aspects : le rapport expérimental aux phénomènes et l'élaboration de modèles d'expérimentation nécessaires au développement d'une pensée opérationnelle et critique.

Georges-Louis Baron, directeur du département technologies nouvelles et éducation de l'Institut national de recherche pédagogique, professeur en sciences de l'éducation
TIC et nouveaux savoirs
L'inégalité de l'accès aux technologies de l'information et de la communication et la difficulté de maîtriser les procédures de fonctionnement de l'outil informatique posent à l'école une question majeure : comment permettre à tous les jeunes de s'approprier les procédures mais aussi les représentations solides du traitement automatique de l'information ? Pour y répondre, il conviendrait de repenser les objectifs de formation et l'approche des disciplines d'enseignement.

Alejandro Tian Ferrer, vice-recteur de l'Innovation pédagogique à l'Université nationale d'éducation à distance de Madrid, professeur titulaire du département d'histoire de l'éducation et d'éducation comparée
Contenus ou compétences ? Une nouvelle approche
La question qui se trouve à l'origine des réformes de curricula est généralement celle des contenus : quelles matières convient-il d'enseigner et quelle importance faut-il leur accorder ? Or, les choix s'avèrent difficiles à effectuer et les voies prônées insatisfaisantes. Pour l'auteur, poser la question en termes de contenus élude une interrogation fondamentale que toute politique éducative devrait formuler : quels individus souhaite-t-on former et quels citoyens désire-t-on promouvoir ? Et, partant de là, quels types de compétences doivent être développées chez les élèves ? La question centrale serait donc celle des compétences alors que celle des contenus, dont il est important de débattre, devrait seulement en découler.

Cecilia Braslavsky, Ahmed Chabchoub, Jean-Pierre Régnier Synthèse des débats

Table ronde
Nouveaux contenus, méthodes pédagogiques et formation des maîtres

Goery Delacôte, directeur général de l'exploratorium de San Francisco
Pour une nouvelle formation. Les nouveaux métiers de l'enseignement
Le renouvellement démographique du corps enseignant devrait être l'occasion d'une refonte de la formation des professeurs. Cette formation, étendue à toute la durée de la carrière, comporterait quatre phases : formation initiale, accompagnement pendant la période d'adaptation, implication dans la réflexion didactique pendant la période de maturité, autoformation (liée à la formation de jeunes collègues) en fin de carrière. Les changements dans la formation des enseignants seront liés à l'évolution des savoirs, à l'utilisation des technologies de l'information et à une meilleure connaissance du fonctionnement de la cognition humaine.

Jagmohan Singh Rajput, directeur du Conseil national de la recherche et de la formation en éducation de New Delhi
La formation des enseignants. Contexte et préoccupations
En Inde, dans un contexte de vaste expansion éducative, les systèmes de formation des enseignants sont insuffisants, malgré les nombreuses recommandations exprimées après l'indépendance. Certains domaines prioritaires ont été définis dans la perspective d'une évolution : professionnalisation de l'éducation, développement des approches scientifiques, contribution à la cohésion sociale, sensibilisation à l'environnement, prise en compte des spécificités culturelles. L'enseignant doit devenir un agent de la modernisation, du développement et du progrès tout en préservant les liens avec la culture locale.

Wally Morrow, doyen de la faculté d'éducation de l'Université de Port Elizabeth
L'organisation de l'apprentissage systématique
La réflexion sur un nouveau concept de l'éducation de base s'appuie sur deux arguments nés de l'observation des évolutions actuelles : les finalités de l'éducation doivent être pensées par rapport à la " cible mouvante " que constituent les changements sociaux, économiques et technologiques, mais aussi dans la perspective d'une " éducation sans fin ". Le contenu et les méthodes d'enseignement de l'éducation de base auront pour objectif de développer la double capacité de s'approprier les formes de la modernité et de participer à ses pratiques, par la mise en place de l'organisation d'un apprentissage systématique. Cet apprentissage est celui de la réflexion conceptuelle qui permet de " penser par soi-même " - enjeu majeur pour que le droit à l'éducation ait une véritable portée universelle.

Seamus Hegarty, directeur de la Fondation nationale pour la recherche en éducation d'Angleterre et du Pays de Galles
L'extension de la base de connaissances
L'importance du rôle de l'enseignant appelle à réfléchir sur la base des connaissances à enseigner et sur leur évolution en fonction des nouveaux besoins. L'auteur développe les trois perspectives que sont la salle de classe, la formation des enseignants et la base des connaissances. Il porte une attention particulière aux structures de la connaissance dans la recherche éducative, faisant une distinction entre recherche primaire, érudition et analyse, connaissances imbriquées et connaissances des praticiens.

Samuel Johsua, professeur en sciences de l'éducation à l'Université de Provence
L'enseignant comme directeur d'étude
L'évolution de la demande des sociétés modernes en termes de contenus d'enseignement est marquée par une montée des exigences. Il s'agit notamment, pour ce qui est attendu des élèves, du passage d'une logique de la restitution à une logique de la compréhension. Cela se traduit par la focalisation sur les moments de problématisation dans l'approche des contenus. En fait, la question qu'il convient de poser face à des objectifs plus exigeants et des outils technologiques nouveaux, est celle de la manière renouvelée dont le maître peut et doit exercer sa fonction de directeur de l'étude des élèves. Plusieurs conséquences doivent en être tirées quant au renforcement de la professionnalisation du métier d'enseignant.

Jean Audouze, directeur du palais de la Découverte
Propositions pour l'enseignement et la diffusion de la science
Ces propositions s'articulent autour de trois thèmes. En ce qui concerne les nouveaux contenus, il convient d'insister sur les approches pluridisciplinaires, parallèlement à l'énoncé des paradigmes fondateurs propres à chaque discipline et à l'histoire de leur apparition. Les nouvelles pédagogies doivent, quant à elles, intégrer une part de techniques du théâtre, de connaissances psychopédagogiques et conduire à la valorisation de l'imagination et de l'effort. Enfin, la formation des maîtres gagnerait à développer un langage commun des enseignants, par-delà leurs spécificités disciplinaires. Plus généralement, deux mots-clés doivent guider la réflexion sur les évolutions nécessaires : invention et enthousiasme.

Séverin Cécile Abega, Georges-Louis Baron, Diane Laberge
Synthèse des débats

Claude Durand-Prinborgne
Synthèse de l'ensemble des travaux

Christine Mousny
Synthèse du colloque

Commission nationale française pour l'UNESCO
Références bibliographiques


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