Les enseignements supérieurs professionnels courts (ESPC) : undéfi éducatif mondial

Nés il y a quarante ans des nouvelles contraintes imposées au monde industriel par les progrès technologiques, les enseignements supérieurs professionnels courts (ESPC) se trouvent aujourd'hui confrontés à une série de défis :

  • démontrer leur capacité à s'adapter aux conditions les plus complexes et les plus diversifiées de développement humain et économique dans le monde,
  • offrir une alternative pertinente à la massification de l'enseignement supérieur,
  • soutenir le développement économique des pays en développement y compris les plus démunis,
  • être un partenaire actif de l'évolution des structures d'enseignement supérieur (LMD par exemple).

Les enjeux sont donc forts pour nos sociétés et expliquent les difficultés de mise en œuvre des réformes engagées par de nombreux pays dans ce secteur. Les enseignements supérieurs professionnels courts, facteurs d'adéquation à l'emploi, instruments de promotion professionnelle mais aussi culturelle, moteurs de développement économique, se situent, en effet, au cœur de l'évolution de nos modèles sociaux. A l'articulation entre organisation publique et organisation privée, ils engagent, à tous les niveaux, un discours-miroir sur nos sociétés.

Le moment semblait donc venu de poser un regard actualisé, global et objectif, mais non dépourvu de convictions revendiquées, sur les ESPC.

La conférence internationale qui s'est tenue au Centre international d'études pédagogiques (CIEP) sur le sujet en juin 2005 avait mis en évidence l'utilité d'une large réflexion sur les problématiques liées à ce secteur de l'enseignement supérieur en plein développement.

Publié chez Hachette éducation en partenariat avec le Centre international d'études pédagogiques et la Banque mondiale, ce livre est disponible en français, en anglais et en espagnol. Il est disponible en librairie depuis 24 avril 2007.

Les auteurs de l'ouvrage

Coordonné par Jacques Mazeran
(Conseiller du directeur du CIEP, ex professeur et directeur d'IUT, vice président de l'ADIUT*, chargé de mission au ministère de l'Education nationale)
Professeur agrégé de gestion et expert comptable, Jacques Mazeran a été professeur dans le secondaire, puis, à partir de 1969, dans le supérieur (IUT), avant de s'engager dans la direction d'établissement (directeur d'IUT de 1981 à 1995). Au sein de l'Assemblée des directeurs d'IUT, il a assumé diverses responsabilités, a participé à diverses commissions de niveau national et a effectué l'évaluation de plusieurs IUT dans le cadre du Comité National d'Evaluation.
Il s'est peu à peu orienté vers l'ingénierie éducative internationale devenue son activité principale dès 1995.Expert de la Banque mondiale (Tunisie, Maroc, Argentine, Mexique, Chili), il a effectué plusieurs missions d'expertise pour le compte de divers gouvernements (français et étrangers). Il a été chargé de mission au ministère de l'Education nationale (développement de l'expertise française en matière d'enseignement supérieur professionnel court) avant de rejoindre le CIEP en 2001 (direction du département d'ingénierie éducative).Depuis 2004, il poursuit une activité de consultant international dans le domaine de la coopération éducative, tout en animant, au sein du CIEP, une réflexion sur les filières d'ESPC.

L'équipe de rédaction a réuni

William Experton
(Spécialiste principal en éducation à la Banque mondiale : expérience en Amérique latine, Maghreb et Afrique)
William Experton est Spécialiste Principal en Education à la Banque Mondiale en charge du suivi des projets et politiques éducatives dans une douzaine de pays de l'Afrique de l'Ouest. Il a occupé durant une décennie des fonctions similaires en Amérique Latine participant au développement de projets dans l'enseignement supérieur et secondaire et dans la formation continue dans des pays comme l'Argentine et le Chili ou les pays de la zone Caraïbe.
Il a été en charge de l'étude concernant les politiques de formation tout au long de la vie réalisée dans six pays d'Amérique Latine. Auparavant, il a travaillé dans le Maghreb, plus particulièrement sur les projets de formation professionnelle et d'enseignement supérieur et a été l'un des concepteurs du projet qui a initié le développement des ISETs en Tunisie. Il fait partie du groupe de spécialistes de la Banque mondiale en charge du suivi des politiques d'enseignement supérieur.
Avant d'entrer à la Banque mondiale, W. Experton il a participé à  la régionalisation de la politique éducative en Région Provence Alpes Côte d'Azur. Il est docteur en Economie de la Faculté des Sciences Economiques d'Aix en Provence et Diplômé de l'Ecole Supérieure de Commerce et d'Administration des Entreprises.

Christian Forestier
(Inspecteur général de l'Education nationale, membre du HCE, président du CEREQ, ex DGES et directeur de cabinet du ministre de l'Education nationale)
Christian Forestier est ingénieur (INSA de Lyon) et docteur es sciences. Il a commencé sa carrière universitaire à Saint Etienne (1966-1981) où il a été directeur d'IUT puis vice-président et président d'université.
De 1981 à 2000, il a exercé d'importantes fonctions de responsabilité au sein du système éducatif français : recteur des académies de Reims, Dijon, Créteil et Versailles ; directeur des lycées et collèges puis directeur général des enseignements supérieurs au sein du ministère de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.
De 2000 à 2002 il a dirigé le cabinet du ministre de l'Education nationale, avant de présider le Haut Conseil de l'évaluation de l'école.
Il est actuellement inspecteur général de l'Education nationale (depuis 1985) et professeur associé à l'Université de Marne la Vallée. Il préside le conseil d'administration du CEREQ (Centre d'études et de recherches sur les qualifications) et est membre du Haut Conseil de l'Education.
Il est l'auteur de nombreux rapports sur les enseignements technologiques secondaires et supérieurs.

André Gauron
(Conseiller maître à la Cour des comptes, ex président du HCEEE, et conseiller du ministre des Finances)
André Gauron est ingénieur de l'Ecole Centrale des arts et manufactures de Paris et diplômé d'études supérieures en sciences économiques de l'Université de Paris.
Actuellement conseiller-maître à la Cour des Comptes, il a occupé différentes positions dans l'administration économique (Chargé de mission à l'INSEE, puis au Commissariat au Plan) et comme conseiller de M. Pierre Bérégovoy au ministère des affaires sociales puis au ministère de l'économie, des finances et du budget (1982-1991).
Il est l'auteur d'un rapport sur La formation tout au long de la vie (2 000) et en tant que président du Haut comité Education, économie, emploi, il a dirigé plusieurs rapports sur la formation et l'emploi et a notamment coordonné le rapport sur L'enseignement supérieur court face aux défis socio-économiques (2003). Il a également réalisé de nombreuses missions d'évaluation de la coopération française en matière de formation professionnelle pour le ministère des affaires étrangères et est actuellement membre du groupe d'experts de l'Agence française du développement.
Il a publié plusieurs ouvrages et prépare actuellement un livre sur Education, le défi de l'emploi.

Serge Goursaud
(Professeur des universités, directeur de l'IUFM de  Versailles, ex directeur d'IUT et président de l'ADIUT)
Ancien élève de l'Ecole normale d'instituteurs de Limoges puis de l'Ecole normale supérieure de Cachan, Serge Goursaud est agrégé de chimie et docteur d'Etat en chimie physique (Paris Sud - Orsay 1978).
Il est professeur des universités depuis 1985. Il a dirigé l'IUT d'Orsay de 1987 à 1997. Président de l'assemblée des directeurs d'IUT en 1991, il a participé à de nombreuses commissions concernant l'organisation et le fonctionnement de l'ensemble du dispositif national des IUT. A partir de 1997, il préside la Commission consultative nationale des IUT et des IUP.
Il a été directeur du pôle universitaire européen " Ile-de-France Sud ", regroupant autour de l'Université d'Orsay-Paris Sud, plusieurs grands établissements scientifiques, de 1999 à 2001.
Depuis 2001, S. Goursaud est directeur de l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM) de l'Académie de Versailles.
Il a participé à de nombreuses missions internationales sur l'organisation et le développement de l'enseignement supérieur, notamment technologique, au Maroc, en Tunisie, en Egypte, en Jordanie....

Albert Prévos
(Inspecteur général de l'Education nationale, ex directeur du CIEP et directeur des relations internationales au ministère de l'Education nationale)
Albert Prévos est inspecteur général de l'Education nationale, chargé des questions internationales auprès de François Perret, Doyen de l'Inspection générale. De 2000 à 2006, il a été directeur du Centre international d'études pédagogiques.
Professeur agrégé de lettres classiques, il a été successivement professeur de lettres à Majunga (Madagascar) de 1969 à 1972,  lecteur de langue et de littérature françaises à l'Université du Tohoku à Sendaï (Japon) de 1972 à 1975, attaché culturel à l'Ambassade de France au Caire de 1975 à 1979 et enfin conseiller culturel à Québec de 1979 à 1983.
Rentré en France en 1983, il est chargé de mission pour les relations internationales auprès du directeur général des enseignements supérieurs et de la recherche avant d'être nommé, en 1987, directeur du Centre national des oeuvres universitaires et scolaires. En 1993, il prend la direction de la Délégation aux relations internationales et à la Francophonie du ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche et, en 1995, de la Délégation aux relations internationales et à la coopération du ministère de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche jusqu'en 1999, date à laquelle il est nommé inspecteur général de l'Education nationale.
Il est l'auteur de plusieurs rapports ministériels, notamment sur " Les conditions de vie des étudiants " en 1993 et sur " L'accueil des étudiants étrangers en France " en 1999.

Jamil Salmi
(Spécialiste principal en éducation et coordonnateur des experts de la Banque mondiale sur l'enseignement supérieur)
Jamil Salmi est le coordonnateur du réseau des experts de la Banque mondiale dans le domaine de l'enseignement supérieur. Il est le principal auteur de la nouvelle stratégie de la Banque mondiale intitulée "Construire des Sociétés du Savoir: Nouveaux Défis pour l'Enseignement Supérieur". 
Au cours des quinze dernières années, J. Salmi a conseillé les gouvernements de 39 pays en matière de réforme de l'enseignement supérieur en Europe de l'Est, Asie, Afrique et Amérique latine.  Il a aussi aidé plusieurs universités publiques et privées, en Colombie, au Kénya, au Mexique et au Pérou, dans leurs efforts de planification stratégique. 
Avant de rejoindre la Banque mondiale en 1986, J. Salmi était professeur en économie de l'éducation à l'Institut National de Planification de l'Education à Rabat, Maroc.  Il est diplômé de l'ESSEC / Paris.  Il est également titulaire d'un Master's en administration publique et internationale de l'Université de Pittsburgh (USA) et d'un doctorat en études du développement de l'Université du Sussex (Royaume Uni). 
Il est l'auteur de cinq livres et de nombreux articles sur l'éducation et le développement.

Francis Steier
(Conseiller du directeur au CIEP, ex économiste principal en éducation à la Banque mondiale)
Francis Steier est le directeur du département de l'éducation du Centre international d'études pédagogiques depuis septembre 2004.
Ingénieur civil des Mines et titulaire d'un Ph. D. en économie de l'Université Columbia à New York, il enseigne d'abord à l'Université Fordham et à la City University de New York, l'économie et les mathématiques appliquées à la gestion, puis il devient directeur académique du programme " Economic Policy Semester " de l'American University à Washington.
Il entre à la Banque mondiale en 1988, où ses fonctions de responsable de projets dans les secteurs de l'éducation et de la formation le conduisent dans de nombreux pays d'Afrique, d'Europe, d'Asie Centrale, d'Amérique latine, du Moyen Orient et d'Afrique du Nord. 
Dans le cadre de ses responsabilités, il fait partie notamment du groupe de spécialistes chargé du suivi des politiques d'enseignement supérieur. Il a ainsi l'occasion de travailler sur les enseignements supérieurs professionnels courts (ESPC).

Ont également collaboré, par la présentation d'études de cas, des responsables et experts des pays suivants :
Canada, Chili, Corée, France, Mexique, Tunisie et Afrique Subsaharienne.