L’enseignement des langues vivantes à l’étranger : enjeux et stratégies, n° 33

n° 33, septembre 2003

L'essor des échanges internationaux et l'accroissement de la mobilité conduisent, dans un grand nombre de pays, les responsables des systèmes éducatifs à remettre en question et en perspective l'enseignement des langues à l'école. Mais ces exigences se heurtent à un problème politique et économique : celui de l'insertion des langues dans les systèmes éducatifs, de l'organisation de cet enseignement et de l'adéquation entre l'offre et la demande.

Dans les pays non anglophones, l'enseignement de l'anglo-américain doit-il devenir obligatoire ? Quelle place donner à l'enseignement des langues étrangères dans les pays anglophones, si l'anglais tend à s'imposer ailleurs comme lingua franca ? Faut-il diversifier l'enseignement des langues au nom de la promotion de la diversité culturelle et linguistique et, si oui, selon quels critères ? Et comment agir sur les opinions publiques et aider parents et élèves dans ces choix ?

Les élargissements successifs de l'Union européenne posent de plus en plus le problème du choix d'une ou de plusieurs langues de communication au sein de cet espace. L'attachement des instances communautaires à la diversité linguistique et à l'apprentissage des langues est présenté à travers trois analyses à portée supranationale et internationale : celle de la Commission européenne qui présente les grandes lignes de son plan d'action pour les langues ; celle d'Eurydice, le réseau d'information sur l'éducation en Europe, qui dresse le bilan de la situation actuelle dans trente pays ; et celle du Conseil de l'Europe dont les travaux constituent la toile de fond sur laquelle s'inscrivent de plus en plus les politiques linguistiques scolaires européennes.

La Revue confronte ces analyses à la réalité qui prévaut dans quatre États membres de l'Union européenne, l'Allemagne, le Portugal, le Royaume-Uni, la Suède et un pays en cours d'adhésion, la Hongrie. Elle élargit ensuite l'observation à d'autres contextes régionaux : les pays d'Afrique francophone et l'Australie.

Le Royaume-Uni connaît une situation spécifique : avec la publication du rapport Nuffield, aucun autre pays n'a porté aussi clairement sur la place publique le débat sur l'enseignement des langues... et cependant cet enseignement vient d'être rendu optionnel à l'école au-delà de l'âge de quatorze ans. En Allemagne, l'enseignement des langues semble solidement établi, même si des améliorations paraissent nécessaires pour renforcer l'enseignement de la deuxième langue vivante étrangère. Au Portugal, où la restructuration du système éducatif affecte également l'enseignement des langues, on est cependant encore loin des recommandations de la Commission européenne. Quant à la Suède, si la prise de conscience de l'importance des langues y est ancienne et l'enseignement de l'anglais très développé, le bilan est cependant encore en demi-teinte pour la deuxième langue vivante étrangère. De son côté la Hongrie, qui a traditionnellement des difficultés à mettre en place un enseignement des langues performant compte tenu des spécificités de sa propre langue nationale, met actuellement en place une réforme audacieuse de l'enseignement des langues largement inspirée des recommandations du Conseil de l'Europe.

Un article sur quelques pays d'Afrique francophone (Bénin, Burkina-Faso, Mali, Madagascar, Sénégal, Guinée et Niger), montre les limites de cet enseignement dans le contexte africain, alors même que la question de l'enseignement des langues nationales reste posée.

En Australie enfin, pays continent relativement isolé, l'enseignement des langues est par tradition faiblement implanté. Malgré des mesures incitatives, l'enseignement des langues se heurte à un relatif désintérêt et les effectifs d'élèves concernés restent limités.

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L'enseignement des langues vivantes à l'étranger : enjeux et stratégies (n° 33, septembre 2003)



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