Vers un développement de la mobilité des travailleurs : les diplômes à référentiel européen commun

La création d'un marché commun du travail en Europe implique la libre circulation des travailleurs. Cependant, ce principe de mobilité se heurte encore au problème de reconnaissance des compétences professionnelles acquises dans un pays tiers. De ce fait, l'un des axes prioritaires de la stratégie de Lisbonne a pour objectif d'améliorer la transparence des qualifications afin de faciliter la mobilité géographique et sectorielle.

Cette problématique concerne également les personnes en formation et la reconnaissance des diplômes. Des instruments ont été mis en place à cet effet : cadre européen des certifications, dispositif EUROPASS, programme Leonardo da Vinci Mobilité... En dépit des efforts déployés, on constate que les freins à la mobilité résident encore dans la faible lisibilité et la mauvaise compréhension des certifications professionnelles sur le plan européen, en raison de la grande diversité des systèmes de formation et de certification.

Le CIEP a participé à plusieurs projets d'expérimentation dans le cadre du programme Leonardo da Vinci visant à favoriser cette transparence : Europlastic (technicien des industries plastiques), Cominter (assistant commercial import-export), Eurasment (assistant de gestion de PME) et Euroast (assistant de manager). Ces projets s'articulent autour de deux étapes fondamentales. Un référentiel commun pour un métier donné liste les activités professionnelles, les savoirs associés, les aptitudes et les compétences requises, favorisant une compréhension partagée du profil professionnel. Un référentiel de certification permet ensuite de fixer des critères communs d'évaluation en vue d'une reconnaissance mutuelle des diplômes et d'une facilitation de la mobilité. Les unités de formation définies en commun sont intégrées dans les dispositifs de formation professionnelle des pays impliqués et mises en œuvre de manière effective dans les centres de formation, conformément aux spécificités des systèmes de chaque pays.

Ces diplômes à référentiel commun offrent aux personnes en formation un meilleur accès à la mobilité pour des périodes de stage en entreprise, mais aussi pour le suivi et la validation de modules de formation à l'étranger. Afin de garantir la qualité de la formation et de développer la coopération entre les divers acteurs de la formation professionnelle, la mise en place de ces diplômes européen commun s'accompagne de la création d'un réseau de centres de formation et d'entreprises européens s'engageant à respecter une charte qualité commune. A l'issue de ces formations, les travailleurs, riches de leur expérience à l'étranger reconnue à sa juste valeur, sont plus aptes à s'insérer sur le marché de l'emploi au niveau européen.

La prochaine étape dans la politique de reconnaissance des certifications professionnelles et de développement de la mobilité des travailleurs réside dans la mise en place d'un dispositif opérationnel de capitalisation et de transfert de points de crédits : le dispositif ECVET (European Credits for Vocational and Educational Training), nouveau chantier sur lequel le CIEP va s'impliquer en liaison avec les branches professionnelles et les ministères de l'éducation et de l'enseignement supérieur.