n° 6 - automne 2013  
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> Actualités

Conseil d'orientation
Le conseil d'orientation s’est réuni le 4 juillet 2013.
L’ordre du jour était le suivant :
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Actualité du label
    . statistiques actualisées sur le label ;
    . nouveau référentiel : présentation et mise en œuvre ;
    . synthèse du séminaire sur l’assurance qualité des 18 et 19 mars 2013 ;
    . formation des auditeurs du 19 mars.
  - Communication
    . promotion des centres labellisés : présentation des nouveaux outils (site et guide) ;
    . promotion du label : vers de nouveaux partenariats.
  - Présentation du budget 2012.

Le compte rendu du conseil est en ligne.

Conclusions de la dernière commission interministérielle
La commission interministérielle de labellisation s'est réunie le 10 juillet 2013.
Ses travaux ont porté sur les points suivants :
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compte rendu oral de la réunion du conseil d’orientation du 4 juillet 2013 ;
  - examen des dossiers des centres audités entre le 15 avril et le 30 juin 2013 ;
 - cas d’un centre qui dispense moins de 2 400 heures de français langue étrangère par an ;
  - nouveaux partenariats.

Le relevé de conclusions est en ligne.

 

Référentiel du label Qualité français langue étrangère
La nouvelle version du référentiel est en application depuis le 15 mai 2013. Les outils s’y référant (guide du centre candidat, grille d’autoévaluation, éléments de guidage, manuel d’audit) sont en ligne depuis le 15 avril 2013 sur le site du label Qualité français langue étrangère.
Cette nouvelle version du référentiel accroît l’exigence de qualité. Les retours des auditeurs et des centres sont positifs. Les indicateurs sont jugés plus précis et plus faciles à évaluer pour les auditeurs, plus faciles à interpréter pour les centres audités.

Nouveau site du label Qualité français langue étrangère
Après consultation des groupements professionnels, un seul site, en ligne depuis le 18 juillet 2013, regroupe les deux anciens sites. Il s’adresse à deux publics : étudiants recherchant un centre de langue française et professionnels souhaitant être informés sur le label. Il conserve son titre : Apprendre le français en France, est équipé d’un moteur de recherche plus performant, d’une carte géographique interactive et est traduit dans une cinquième langue : le portugais.

> Entretien avec...
Mme Isabelle Schöninger, directrice exécutive de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI),
M. Philippe Massé, président de la Commission des titres d’ingénieur (CTI),
M. Jean-Pierre Trotignon, directeur exécutif du Réseau « n+i ».

Quels sont les enjeux actuels et à venir pour les grandes écoles françaises  ?

Isabelle Schöninger

Isabelle Schöninger : Les enjeux diffèrent beaucoup selon la taille et le statut des écoles. Mais si l’on parle des grandes écoles en général, un enjeu est capital aujourd’hui : la prise en compte de la dimension internationale de l’enseignement supérieur. Les grandes écoles sont en compétition et cette compétition s’est élargie au niveau mondial. Cette mutation affecte autant l’enseignement proprement dit que sa stratégie de recrutement : en 2012 il y avait en moyenne 13,6 % d’étudiants étrangers dans les écoles d’ingénieurs françaises, et ce chiffre est en constante augmentation. Dans un contexte international qui évolue vite, des « pôles d’attraction » se constituent et il faut éviter de se retrouver en marge.

Philippe MasséPhilippe Massé : Les métiers de l’ingénieur sont en constante évolution car la complexité croissante de l’environnement technologique les rend désormais indispensables dans tous les secteurs de notre économie et de notre société. Suivre, et si possible anticiper, ces évolutions est le plus grand des enjeux pour nos écoles. Pour cela, il leur faut renforcer encore leurs liens avec les entreprises et la société en général afin qu’elles s’adaptent au plus près à leurs besoins, en devenant un acteur engagé du monde économique, au cœur de la symbiose entre les sciences, les technologies et l’innovation.

Jean-Pierre TrotignonJean-Pierre Trotignon : Le débat sur le rôle de la France en matière de coopération universitaire internationale dans les domaines des sciences, des technologies et de l’ingénierie est engagé et le Réseau « n+i » a choisi une voie exigeante pour des étudiants de très haut profil. Le rayonnement de la France passe par la mobilisation de ses écoles d’ingénieurs qui offrent des formations d’excellence aux étudiants étrangers et français, mais aussi par leur engagement à aider ces ingénieurs à devenir des entrepreneurs capables de créer des richesses et des emplois en France ou dans leur pays. Dans une politique du chiffre, qu’on pourrait rapprocher, en France, de la fascination des classements en tout genre (classements des pays d’accueil, classements des écoles, des universités…), on juge souvent notre performance, en termes d’attractivité, à notre rang. Rang défini par le nombre d’étudiants accueillis qui placerait la France  en 4e ou 5e position des pays, selon les sources. Compte tenu de l’effort financier que cela représente pour le contribuable français, il est légitime d’en mesurer les enjeux pour notre société et de revenir à la question fondamentale : quels ingénieurs étrangers voulons-nous former chez nous et à quel prix ?

Quels sont les atouts des écoles d’ingénieurs françaises sur la scène internationale ?

Isabelle Schöninger : Nos écoles bénéficient d’une pédagogie et d’une formation de haut niveau, qui est d’ailleurs de mieux en mieux reconnue à l’étranger : nous avons par exemple obtenu il y a peu la reconnaissance aux États-Unis du diplôme d’ingénieur français au niveau master, ce qui n’était pas le cas auparavant. En outre, les écoles s’exportent très bien en Chine où le référentiel de la formation de l’ingénieur « à la française » a été traduit. Cette formation attire aussi parce qu’elle a de vraies spécificités, par exemple dans son approche généraliste, ou dans les liens privilégiés qu’elle entretient avec le monde professionnel.

Philippe Massé : La CTI constate, par les nombreuses demandes d’accréditation qu’elle reçoit en provenance d’écoles étrangères, que le modèle de l’ingénieur à la française est très apprécié pour la grande qualité de la formation scientifique et technique qu’il délivre et qui rend les ingénieurs français particulièrement efficaces dans la gestion de projets complexes, notamment dans un contexte international.

Jean-Pierre Trotignon : La plus-value de l'offre des écoles d'ingénieurs françaises à l'international, c'est une expérience culturelle, une façon de penser et de travailler. Les entreprises souhaitent que nous ayons cette démarche, car elles veulent des diplômés parlant anglais mais qui connaissent aussi la langue française et la culture. La formation d’ingénieur française se distingue aussi par sa composante professionnelle incluse à la formation au travers de stages en entreprise, ce qui la distingue des formations anglo-saxonnes. Cette partie stage milite aussi pour une connaissance de notre langue. Les écoles du Réseau « n+i » s’adressent aux très bons étudiants avec un défi : cultiver votre différence grâce à une formation internationale en France !

Quelle est la place de l’enseignement des langues et des cultures dans les écoles d’ingénieurs, en particulier pour les étudiants étrangers ?

Isabelle Schöninger : Les écoles d’ingénieurs sont très ouvertes à l’international. Elles disposent de nombreux partenariats internationaux, elles accueillent de nombreux étudiants étrangers dans

le cadre de ces partenariats, elles recrutent parfois des élèves à l’étranger. Il est essentiel de proposer des cours de français de qualité à ces étudiants dont la réussite dans le cursus français est en partie conditionnée par la maîtrise de la langue française. À l’issue de la formation, la Commission des titres d’ingénieur recommande d’ailleurs que l’élève étranger titulaire d’un diplôme français puisse justifier d’un niveau minimum en français. Plus largement, l’enseignement des langues étrangères dans les écoles d’ingénieurs est important. Le titre d’ingénieur diplômé ne peut être obtenu que si l’élève atteste d’un niveau minimum en langue étrangère. En effet, l’ingénieur doit être à même de travailler et de s’intégrer dans un environnement international et multiculturel.

Philippe Massé : Désormais, l’ingénieur travaille dans un contexte international où l’anglais est l’idiome des échanges professionnels, mais au-delà de ce premier niveau incontournable, la maîtrise de la culture du pays où il travaille (et bien sûr de la langue de ce pays) est la condition sine qua non de la réussite de l’ingénieur et de ses entreprises. Les écoles doivent donc accorder une place significative aux aspects culturels et bien sûr elles ont le devoir de plonger leurs élèves étrangers dans la culture française, au-delà du simple niveau de maîtrise de la langue française (le niveau B2 européen est souhaité pour obtenir le diplôme, le niveau B1 étant exigé).

Jean-Pierre Trotignon : Soyons clairs, maîtriser la langue anglaise est une nécessité, mais avoir, aujourd’hui un diplôme de master et parler anglais n’a rien de bien original. C’est une formation « normale » voire « minimale » ! Pas besoin de s’exporter pour cela ! Les formations à distance en anglais viennent à vous ! La mobilité étudiante ne doit pas se réduire à ce qu’il est possible d’acquérir dans son pays (un master et la langue anglaise) mais doit surtout servir à compléter sa formation par la découverte d’une autre langue, de technologies de pointe, de formation de haut niveau mais aussi, et peut-être surtout, pour de futurs managers, par une découverte culturelle ! C’est le défi proposé aux futurs ingénieurs par le Réseau « n+i ».

L’enseignement de la langue française contribue à distinguer l’offre de formation de l’enseignement supérieur français à l’international. En quoi le label Qualité français langue étrangère peut-il soutenir cet effort d’attractivité ?

Isabelle Schöninger : Le Label Qualité français langue étrangère permet de s’assurer de la qualité de la formation proposée à l’élève. Mis en place par trois ministères français, il est un véritable outil de valorisation de la formation d’ingénieur à la française et de la langue française en général. Les élèves étrangers qui ont poursuivi des études en France seront par la suite de véritables ambassadeurs de notre langue, de notre culture et de nos formations.

Philippe Massé : Un enseignement de qualité est nécessaire dans ce domaine et un label y contribue mais cet enseignement de qualité n’est pas nécessairement intégré à l’école car cette dernière peut le mutualiser avec d’autres formations d’ingénieur présentes sur le site : dans un tel cas, il est fondamental que toutes les écoles faisant appel à ce service puissent bénéficier du label obtenu par le service partagé. Cette démarche de mutualisation de bonnes pratiques permet de concentrer les efforts et d’optimiser les moyens tout en garantissant la qualité. Il ne faudrait pas que l’octroi de ce label conduise à une parcellisation des équipes dans le domaine du français langue étrangère, si une telle mutualisation et la subsidiarité qu’elle entraîne ne pouvaient pas être prises en compte dans la délivrance du label.

Jean-Pierre Trotignon : Ajouter à sa propre culture, à sa langue maternelle et à l’anglais, une maîtrise du français, une connaissance de la culture française ainsi qu’un diplôme de renommée internationale, voilà le bon moyen de mieux se préparer à jouer un rôle clé dans le monde « global ».
L’ingénieur international doit fait la preuve de sa capacité d’adaptation à des situations et des contextes toujours renouvelés. Il est donc apparu normal que ceci fasse partie de la formation et que ce soit à l’étudiant de s’adapter à un système de formation et non l’inverse. Le Réseau « n+i » propose  donc aux étudiants étrangers d’intégrer la formation d’ingénieur telle que proposée par le système français conduisant à des diplômes de masters nationaux (comme par exemple le diplôme d’ingénieur reconnu par la Commission des titres d’ingénieur) enseignés en français. Le Réseau « n+i » offre des programmes dont la mixité culturelle avec les étudiants français est essentielle. L’originalité du Réseau « n+i » est de prendre en compte les difficultés d’adaptation rencontrées par les étudiants, en proposant une période d’adaptation « sur mesure » pour gommer les difficultés linguistiques mais aussi méthodologiques ou culturelles. Les centres d’enseignement du français retenus par le réseau « n+i » ont tous le label Qualité français langue étrangère pour s’assurer que l’apprentissage de notre langue se fera dans les meilleures conditions avant mais aussi de façon concomitante pendant la formation d’ingénieur avec cette même exigence de qualité.

> Agenda

Expolangues
La 32e édition d’Expolangues se tiendra à Paris du 5 au 8 février 2014 au parc des expositions, à la porte de Versailles, sur le thème « Les langues du monde, le monde des langues ».

La Conférence des centres d’enseignement du français langue étrangère
Le 15 décembre 2010 est signée la convention créant la Conférence des centres d’enseignement du français langue étrangère. Il s’agit d’une plate-forme de coordination entre les centres d'enseignement de français langue étrangère, représentés par les présidents de l'ADCUEFE-Campus FLE, Groupement FLE, SOUFFLE et l’UNOSEL, conçue comme une entité de veille, de concertation et de propositions concernant des dossiers spécifiques, propres à I'activité FLE.  Une nouvelle étape est franchie cet été : la Conférence se dote d’une structure juridique – association sans but lucratif - lui permettant d’agir en tant que personne morale. Sont membres de l’association : le Groupement FLE, SOUFFLE et une représentation des alliances françaises de France. Cette institutionnalisation permet désormais à la Conférence de représenter ses membres auprès de toute instance privée ou publique concernée par le français langue étrangère.

3e journées pédagogiques du Groupement FLE
Les 15 et 16 novembre au centre universitaire d’études françaises (CUEF) de Perpignan auront lieu les 3e journées pédagogiques du Groupement FLE sur le thème « Paroles, compréhension et production orales ». Informations et inscriptions: contact@groupement-fle.com

UNOSEL
L’Union nationale des organisations de séjours éducatifs, linguistiques et de formation en langue (UNOSEL) rejoint le dispositif de la Médiation du tourisme et du voyage. Le Label qualité UNOSEL est désormais renforcé par l’adhésion à ce dispositif.
L’UNOSEL change d’adresse : depuis le début de l’année 2013, l’UNOSEL a emménagé dans ses nouveaux bureaux dans le 3e arrondissement de Paris, au 26 rue Beaubourg.

Campus France
L'agence Campus France organise du lundi 25 au mercredi 27 novembre 2013 la nouvelle édition des Rencontres Campus France, qui se déroulera cette année à la Cité de la Mode et du Design à Paris. Près de 50 pays seront représentés.
La prochaine réunion du Forum Campus France aura lieu le 11 décembre à Paris.

CIEP
L’université d’hiver du BELC se déroulera à Sèvres du 17 au 28 février 2014. Les inscriptions sont ouvertes du 14 octobre 2013 au 3 février 2014. Un module « Développer une démarche qualité dans un centre de langues » est inscrit au programme.

CTI
Pour le lancement de la campagne d’habilitation périodique 2013-2014, la Commission des titres d'ingénieur tiendra son colloque annuel le mardi 11 février 2014, à Grenoble.

Groupe de travail langues de la CGE
Réunions du groupe de travail Langues de la commission Formation de la Conférence des grandes écoles (CGE).
  - le jeudi 17 octobre 2013 à Paris ;
  - le jeudi 5 décembre 2013 à Paris ;
  - le jeudi 6 février 2014 à Paris ;
  - le jeudi 27 mars 2014 à l’ENAC à Toulouse.

Le groupe français langue étrangère de l’association UPLEGESS se réunira le 8 février 2014 à Paris.

QuaRES : association pour la qualité en recherche et enseignement supérieur

Jean-Pierre Trotignon

Le CIEP a été invité à participer à l’école qualité en recherche et en enseignement supérieur organisée chaque année depuis 2003 par l’association QuaRES. La onzième édition s'est déroulée du 9 au 11 septembre 2013 au hameau de l’étoile près de Montpellier. L’école a réuni pendant 3 jours 104 participants et 34 intervenants issus de 42 institutions de recherche et d’enseignement supérieur dont 7 étrangères, toutes les régions françaises étaient représentées. Une dizaine de participants de pays d’Europe, du Maghreb et d’Afrique francophone ont participé aux travaux de l’école organisés en séances plénières, tables rondes et ateliers de travail. Les travaux ont permis le partage d’expériences et le renforcement de compétences sur les aspects pratiques et théoriques des démarches qualité. Plus d’informations ici.

 
   

Contact : Paul Moysan - Caroline Mouton Muniz - www.qualitefle.fr