POINT DE VUE

 

Enquête européenne sur les compétences linguistiques

L’enquête européenne sur les compétences en langues a été proposée en mars 2002 dans le cadre de la stratégie du Conseil européen visant à « améliorer la maîtrise des compétences de base, notamment par l’enseignement d’au moins deux langues étrangères dès le plus jeune âge ». Suite à l’appel d’offre publié mi-2007, le marché fut finalement attribué en février 2008 au consortium SurveyLang dirigé par Cambridge-ESOL. La présentation ci-dessous, réalisée en début de projet, se propose d’exposer le contexte éducatif dans lequel s’inscrit cette enquête et les questions auxquelles seront confrontés les acteurs appelés à agir suite aux conclusions de l’enquête et à en atteindre les objectifs.

Le Consortium

Les membres du consortium SurveyLang et les pays représentés sont les suivants :

Outre son expertise en matière d’enquête et d’analyse psychométrique, ce consortium permet de réunir cinq des principaux organismes européens d’évaluation en langues. En tant que membres de l’Association des centres d’évaluation en langues en Europe (ALTE), ces organismes collaborent depuis plusieurs années dans divers domaines liés à l’enquête.

Cadre de référence

Conformément au Cadre de référence de l’enquête : « L’indicateur européen des compétences linguistiques nous informera du niveau général des connaissances linguistiques des élèves dans les États membres et les autres pays participants. Cet indicateur fournira des renseignements stratégiques qui aideront les décideurs, les enseignants et les apprenants de tous les États concernés par l’enquête. » De plus : « Les données recueillies aideront les décideurs, les enseignants et les praticiens à prendre des décisions visant à améliorer les méthodes d’enseignement des langues étrangères et ainsi les résultats des élèves dans ce domaine. »

Le Cadre de référence de l’enquête indique que les évaluations linguistiques et l’interprétation des résultats devront explicitement se baser sur le Cadre européen commun de référence (CECR). L’enquête est donc axée sur les compétences plutôt que sur les résultats, même si l’interprétation des résultats impliquera naturellement la comparaison des objectifs des curricula. Les évaluations porteront sur les niveaux A1 à B2.

Modalités de l’enquête

L’enquête doit être gérée sous les formats papier et électronique, dans la mesure où la disponibilité d’un matériel informatique adapté n’est pas garantie dans toutes les régions des pays participants.

Concernant les critères et le public visés en première phase de cette enquête, le périmètre est bien délimité et reflète des considérations pratiques de la part de la Commission et du conseil consultatif : les élèves atteignant la fin du premier cycle de l’enseignement secondaire (ou ceux du secondaire supérieur là où l’enseignement d’une deuxième langue étrangère commence à ce niveau) et seules les deux langues les plus enseignées dans chaque pays parmi cinq : l’allemand, l’anglais, l’espagnol, le français et l’italien. L’évaluation portera sur trois des compétences linguistiques, la compréhension écrite, la compréhension orale et l’expression écrite, l’étude de l’expression orale étant remise à plus tard pour des raisons pratiques. L’échantillon d’analyse englobera uniquement des élèves suivant l’enseignement d’une langue étrangère et l’évaluation se fera sur une seule langue pour chacun. Compte tenu de ces éléments et de la grande diversité entre les pays en matière d’enseignement des langues, l’obtention de comparaisons significatives ne sera pas chose aisée.

Données de l’enquête

Ces comparaisons s’appuieront sur deux types de données : des tests de langues à proprement parler et des questionnaires soumis aux élèves, aux enseignants et aux chefs d’établissement. Afin de faciliter une comparaison internationale et de faire le lien avec des études internationales similaires, on appliquera le modèle INES1, tel qu’il est notamment utilisé dans l’enquête PISA2. Ce modèle a deux dimensions : le niveau correspondant aux acteurs clés du système éducatif (à l’échelle du pays, de l’établissement, de la classe et de chaque élève) et les aspects de la performance éducative (résultats), des processus adaptatifs (moyens mis en œuvre) et des circonstances ou précédents qui conditionnent ces résultats. Les processus adaptatifs, par exemple les méthodes d’enseignement pouvant être améliorées, susciteront probablement de l’intérêt.

Néanmoins, le CECR proprement dit est également un facteur important à prendre en compte dans la conception de l’enquête et l’interprétation de ses résultats. Le CECR est à la fois le point de référence explicite et une des variables dont nous souhaiterions déterminer l’impact.

Calendrier

Fin avril 2008, le rapport de la phase de préparation devant servir de base au projet était en cours d’élaboration, afin d’être ensuite présenté à la Commission européenne puis de faire l’objet de discussions avec les représentants des pays participants courant juin. Le calendrier détaillé sera alors arrêté. La spécification du cadre de réalisation des tests linguistiques et des questionnaires contextuels était en cours d’étude, de même que l’analyse psychométrique, l’échantillonnage et la conception du système informatique de l’évaluation.

Michael Milanovic, Secrétaire général de l'association ALTE

1 : Programme des indicateurs de l’éducation de l’OCDE
2 : Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves