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36 : École et religion > Sommaire
École et religion
n° 36, juillet 2004
Actualité
internationale
Coordination
Responsable du Centre de ressources documentaires
du CIEP
- Ressources en ligne
Françoise Profit
L’éducation dans les
dix pays entrant dans l’Union européenne
- Le point sur…
Luis Muelle
Amérique Centrale : Défis et urgences
de l’éducation
William Mac Evoy
Europe : Vers un profil européen pour
la formation des enseignants
de langues étrangères ?
- Note de lecture
Maroussia Raveaud
Marie Duru-Bellat, Inégalités
sociales à l’école et politiques éducatives,
UNESCO : Institut international de la planification de l’éducation,
2003
Dossier
École et religion
Introduction (pdf
- 160 Ko)
Dominique Borne
Inspecteur général, doyen de l’Inspection
générale de l’Éducation nationale
La religion à l’école
en Allemagne
Débats actuels
Peter Schreiner
Chargé de recherches à l’Institut
Comenius, association protestante des sciences de l’éducation,
président de l’Intereuropean Commission on Church and School.
L’Allemagne est un État séculier, philosophiquement
neutre. La liberté de religion, garantie par la Constitution, comprend
aussi bien la liberté d’avoir ou non une religion (liberté
de religion négative) que la libre expression de cette religion
(liberté de religion positive). La population appartient en majorité
à l’une des deux grandes confessions chrétiennes :
l’Église catholique ou l’Église protestante.
Le nombre de musulmans est en augmentation ; les autres confessions représentent
une part infime de la population. Un des domaines de coopération
entre l’État et les communautés religieuses est l’instruction
religieuse, matière enseignée dans les écoles publiques
mais dont les autorités religieuses définissent les contenus.
Les écoles privées catholiques et protestantes sont de plus
en plus nombreuses car les parents veulent d’autres choix que la
seule école publique. Une série de conflits - le crucifix
en Bavière, le voile des enseignantes - a généré,
ces dernières années, un vif débat sur la place de
la religion dans l’opinion publique et à l’école.
La place de la religion dans l’enseignement
en Angleterre
Robert Jackson
Directeur de Warwick Religions and Education Research
Unit, Institute of Education, Université de Warwick, Royaume-Uni,
rédacteur en chef du British Journal of Religious Education.
La place de la religion au sein des écoles publiques anglaises
reflète l’histoire particulière de la Grande-Bretagne,
devenue une société multiculturelle. Les objectifs et le
contenu de l’éducation religieuse, qui est intégrée
depuis 1944 au curriculum scolaire officiel, sont déterminés
par des comités locaux à l’intérieur du cadre
défini par des lois successives sur l’éducation. Actuellement,
les élèves qui sont dans des établissements entièrement
financés par l’État doivent apprendre le christianisme
et les principales religions représentées en Grande-Bretagne,
selon une pédagogie ouverte et libérale. Depuis 1944, l’État
finance aussi partiellement certaines catégories d’établissements
religieux. Bien que la majorité de ceux-ci restent chrétiens,
une plus grande sensibilisation à la diversité au sein de
la société a conduit l’État à reconnaître
un certain nombre d’établissements fondés sur d’autres
croyances. Dans les community schools, l’éducation religieuse
multiconfessionnelle offre des occasions d’un dialogue adapté
à une société multiculturelle.
La religion à l’école
en France
Débat
André Blandin,
Secrétaire général adjoint de l’Enseignement catholique.
Dominique Borne,
Inspecteur général, doyen de l’Inspection générale de l’Éducation
nationale.
André Legrand, Professeur de droit public
à l’université de Paris X Nanterre.
Philippe Le Guillou, Inspecteur général
de lettres, ministère de l’Éducation nationale.
Mark Sherringham, Directeur de l’IUFM
d’Alsace.
Jean-Paul Willaime, Directeur d’études,
directeur du groupe de sociologie des religions et de la laïcité,
IRESCO, École Pratique des Hautes Études
Une table ronde réunit les analyses et les points de vue de plusieurs
experts afin d’envisager l’ensemble des problèmes juridiques,
institutionnels et d’enseignement posés par la présence
du religieux à l’école. Quatre hypothèses de
départ sont posées : ces problèmes se situent dans
une tension entre l’égalité et la liberté ;
les manifestations actuelles du religieux à l’école
relèvent davantage du communautarisme ou d’affirmations multiples
d’identité ; est-il fondé d’aborder le religieux
en se référant sans cesse à la laïcité
? La France est-elle toujours une exception ? Des interventions portant
sur le droit d’expression religieuse, entre évolution et
continuité ; le « caractère propre » des établissements
privés sous contrat ; la sociologie du fait religieux en France
; le fait religieux en classe ; laïcité et connaissance du
fait religieux dans la formation des enseignants précèdent
un débat organisé autour des questions « que dire
à l’école, comment le dire ? »
L’orthodoxie à l’école
en Grèce
Lina Molokotos-Liederman
Docteur de l’EPHE, section des sciences religieuses,
chercheur auprès du GSRL/IRESCO et du Centre for European Studies,
University of Exeter, Royaume-Uni.
Le contexte socioculturel grec est fortement marqué par l’identification
entre citoyenneté grecque et orthodoxie, compte tenu notamment
du poids historique de l’orthodoxie dans le développement
de l’identité grecque. L’église orthodoxe a
joué en effet un rôle prépondérant dans la
sauvegarde de la langue et de la culture grecque sous la domination ottomane.
Même s’ils se sont souvent opposés et partiellement
séparés, Église et État conservent des liens
très étroits. La culture helléno-orthodoxe a ainsi
façonné de fait la place de la religion dans le domaine
scolaire grec, considérant que l’enseignement religieux devait
constituer une forme de sauvegarde de la tradition orthodoxe. La religion
est enseignée dans le cadre d’un cours obligatoire selon
un programme établi par le ministère de l’Éducation
nationale. Elle est assurée, dans le secondaire, par des théologiens
orthodoxes nommés par l’État. Comme la plupart des
pays européens, la Grèce doit faire face aux enjeux posés
par la diversification ethnique et culturelle de sa société.
Religion(s) et école(s)
en Israël
Denis Charbit,
professeur de sciences politiques à l’Université Ouverte,
Tel Aviv, Israël.
Myriam Darmoni, enseignante d’éducation
civique en Israël.
Officiellement défini comme « État juif et démocratique
», en situation de conflit ouvert ou latent avec ses voisins arabes
depuis sa création, situé dans un espace où le sacré
nourrit le conflit plus qu’il ne l’apaise, habité par
des populations conscientes de leur identité culturelle et religieuse
spécifique, l’État d’Israël ne pouvait
exclure de l’École publique la question religieuse sans heurter
de front des sensibilités et des convictions solidement enracinées.
Aussi, outre l’existence de réseaux confessionnels privés
subventionnés par l’État, le ministère de l’Éducation
propose plusieurs secteurs publics conçus en fonction du type d’intégration
du religieux dans les programmes : une École arabomusulmane ; une
école hébraïque à caractère juif religieux
; une école hébraïque à caractère juif
laïque. Loin d’être réductible à une dichotomie
bipolaire entre le tout religieux et un programme minimum, on assiste
aujourd’hui à un très large éventail de formes
intermédiaires. Celles-ci traduisent le déclin de l’idéologie
dominante à vocation intégratrice et le renoncement de l’État
à favoriser une École en ce sens, fondée sur un consensus
qu’élaboreraient toutes les familles spirituelles et culturelles
d’Israël. Le corps social étant fragmenté en
communautés et en classes, chacune d’elles invoque le droit
à la différence, voire le multiculturalisme, pour revendiquer
un type d’École correspondant à son image et voué
à sa stricte reproduction.
La religion dans une pédagogie
interculturelle - Le cas du Liban
Antoine Messarra
Professeur à l’Université Libanaise,
président de l’association libanaise des sciences politiques,
coordonnateur des recherches de la Fondation libanaise pour la paix civile
permanente, membre du Comité exécutif de la Commission nationale
de l’Unesco, membre du Conseil d’administration de l’ENALiban.
Dans un pays de dix-huit communautés religieuses, il n’y
a jamais eu de querelle autour de l’école en matière
d’enseignement religieux. La problématique de la religion
à l’école est cependant centrale au Liban en vue de
la contribution des religions à une culture de paix. La Constitution
libanaise subordonne « la liberté de l’enseignement
» au « respect » et à la «dignité
des confessions ». Cela va au-delà de la connaissance mutuelle
et de la reconnaissance des différences. Le débat sur l’enseignement
religieux à l’école a passé par quatre grandes
étapes. Dans le statu quo en vigueur, une heure d’enseignement
religieux est généralement prévue dans l’horaire
scolaire dans les établissements privés et publics. Un programme
islamo-chrétien de culture religieuse, à distinguer de l’instruction
religieuse, est envisagé. Des témoignages montrent l’apport
des grands centres d’enseignement communautaires du Liban à
la promotion d’une culture de paix. L’expérience historique
du Liban débouche sur trois perspectives d’action : promouvoir
une culture religieuse, dépolitiser le religieux dans le débat
éducatif et contrôler le contenu de l’enseignement
religieux en fonction de l’exigence constitutionnelle de «
respect ».
Entre l’islam et
l’islamisme
La religion dans l’école publique
marocaine
Mohammed El Ayadi
Professeur à la faculté des lettres
de l’université de Casablanca, Maroc.
Qu’elles soient publiques ou privées, les structures de l’enseignement
religieux au Maroc sont multiples. La récente création de
la direction de l’enseignement traditionnel au sein du ministère
des Habous et des affaires islamiques (2004) vise à étendre
le contrôle de l’État au réseau des lieux archaïques
de l’apprentissage du savoir religieux traditionnel. Par ailleurs,
les confréries religieuses connaissent aujourd’hui un certain
développement, ainsi que d’autres structures privées
de diffusion du savoir religieux. Les enseignants du secteur public sont
les principaux animateurs de ces nouveaux centres de formation religieuse.
Les autorités marocaines sont aujourd’hui déterminées
à étendre l’autorité et le contrôle de
l’État à ce secteur privé, dans le cadre d’une
politique mise en oeuvre à la suite du développement de
l’islamisme radical et de l’apparition du terrorisme religieux
dans le royaume. Cette nouvelle politique religieuse concerne également
le domaine de l’enseignement religieux public. À la jeunesse
marocaine des années soixante et soixantedix, il était reproché
de trop s’intéresser aux idéologies laïques et
modernistes ; à celle qui lui a succédé dans les
années quatre-vingts et quatre-vingt-dix, on reproche aujourd’hui
d’être trop à l’écoute de l’islamisme
en tant que nouvelle forme de l’islam politique.
Laïcité et
islamisme en Turquie aujourd’hui
Dogan Duman
Maître de conférence à l’université
de Dokuz Eylül, Izmir, Turquie.
En 1924, voulant rompre avec le régime ottoman, les dirigeants
de la république turque ont confié le monopole de l’instruction
publique au ministère de l’Éducation, fermant alors
les institutions islamiques d’éducation et plaçant
l’enseignement religieux sous le contrôle strict de l’État.
Selon les époques ou la succession des régimes politiques,
des cours de religion obligatoires ou optionnels ont été
intégrés aux programmes scolaires. Cet enseignement d’un
islam modéré apparaissait comme un moyen de renforcer l’unité
nationale et de combattre certaines idéologies en associant culture
religieuse et enseignement de la morale. Cependant le contenu de cet enseignement,
non contrôlé par le gouvernement laïc, a favorisé
le retour d’un islam intégriste et la montée d’un
islamisme politique qui va à l’encontre du principe de laïcité
et de la prise en compte des minorités. Ce retour du religieux,
que l’État croyait maîtriser, est accru par la réouverture
des écoles religieuses et coraniques.
L’enseignement de
la religion dans les écoles russes
I.V. Metlik
Docteur ès sciences de l’éducation,
directeur du laboratoire de recherches sur l’éducation civile,
Institut national de la famille et de l’éducation, Académie
russe de l’enseignement, Moscou, Russie.
Sous le régime communiste, l’école assurait en URSS
une formation communiste générale et présentait la
religion comme néfaste et comme un obstacle au progrès.
La fin du régime soviétique a mené une partie croissante
de la population chrétienne orthodoxe à réclamer
un enseignement religieux dans le cadre de l’école laïque.
À partir des années 1992-1993, l’histoire des religions
et la théologie sont devenues des matières enseignées
d’un point de vue scientifique et philosophique. Assuré par
des enseignants ou des prêtres, cet enseignement est optionnel et
dépend des religions et des établissements. À l’université,
l’étude de la religion s’inscrit dans le cadre de disciplines
obligatoires en sciences humaines, ce qui ne fait pas l’unanimité.
On considère cependant que la connaissance des religions doit s’inscrire
dans la formation de citoyens responsables, capables de comprendre leur
culture et leur passé pour pouvoir construire l’avenir.
Étude documentaire
Belgique, Danemark, Égypte, Espagne,
États-Unis, Pologne
Centre de ressources documentaires du
CIEP
Repères
bibliographiques
Françoise Profit
Centre de ressources documentaires du CIEP
Abstracts
Resumenes
Repères
Le système éducatif finlandais
Marie-Hélène Margelidon
L’éducation au Danemark
Frédéric Rauser
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