Quel avenir pour les études en sciences humaines ?, n° 49

n° 49, décembre 2008

Les sciences humaines et sociales, ou SHS, (d'aucuns parlent parfois des " humanités ", d'autres parlent des " lettres ") et l'avenir de leur enseignement sont régulièrement le sujet de débats souvent passionnés, quelquefois contradictoires, toujours féconds. C'est le cas en dehors de nos frontières, avec des interrogations elles-aussi contrastées dans leur expression, mais convergentes dans leur nécessité.

Comment enseigner les humanités ? C'est la question de la pédagogie. Pourquoi enseigner les humanités ? C'est la question de l'utilité sociale. Dans quel cadre enseigner les humanités ? C'est dans le fond la question de la comparaison européenne et internationale.

Ces interrogations expliquent la démarche engagée par le Centre international d'études pédagogiques (CIEP) sur l'innovation pédagogique dans l'enseignement supérieur et sur l'avenir des sciences humaines et sociales.

Pendant longtemps, au moins en France, il était de bon ton de recruter des diplômés de ces secteurs, qui constituaient une sorte d'intelligentsia reconnue, puissante et prisée. Celle-ci semble céder le pas devant des diplômés d'autres domaines, allant des sciences exactes à l'économie et aux sciences de gestion.

Aujourd'hui, les évolutions de la recherche et les classements internationaux des universités s'inspirent surtout des sciences exactes et de leur organisation autour de très importants laboratoires, avec plusieurs milliers de chercheurs parfois. Les sciences humaines et sociales sont organisées en équipes restreintes, le plus souvent autour d'individualités. Certains prédisent alors leur fin prochaine, alors même que les universitaires de ces disciplines sont présents dans la plupart des grands débats contemporains.

Quelles compétences peuvent développer les sciences humaines et sociales et comment sont-elles définies ? Quel est leur périmètre ? Sont-elles condamnées à devenir des " disciplines de service ", apportant un peu de lustre ou un " ... supplément d'âme " à d'autres domaines ? Pourquoi et comment les enseigne-t-on tant dans le secondaire que dans le supérieur ? Autant de questions posées, à l'étranger comme en France.

La Revue internationale d'éducation de Sèvres consacre son numéro 49 à cette question rarement abordée de manière systématique, en s'intéressant aux cas de l'Algérie, du Brésil, du Danemark, de la France, de l'Italie, du Kenya, et de la Russie, ainsi qu'à une analyse de la situation dans les universités européennes.

Ces réflexions sur des situations nationales peu étudiées confirment une interrogation d'ensemble à l'échelle mondiale, sur l'avenir des études en sciences humaines. Elles constituent, aussi, l'indispensable adossement à l'ensemble des actions conduites par le CIEP dans ces domaines.

Le dossier permet ainsi de bien identifier un terrain de recherche particulièrement fécond, dont les implications intellectuelles, culturelles, sociales, économiques et politiques imposent que les scientifiques, les experts et les décideurs et les citoyens s'en emparent pleinement.

Sommaire de ce numéro :


Quel avenir pour les études en sciences humaines (n° 49, décembre 2008)

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