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Accueil > Références de formation > La comparaison génétique > De la comparaison en linguistique à la linguistique comparée

De la comparaison en linguistique à la linguistique comparée. [COMPARAISON 1]

Une remarque liminaire s'impose. Toute analyse du langage, toute étude d'une langue est d'essence comparative. Au sens où elle implique l'exercice d'une faculté intellectuelle complexe qui se traduit par une série de décisions du type: X est identique à Y; A est différent de B; "xxx" est à "yyy" comme "vvv" est à "zzz", etc. Autant d'assertions qui consistent toujours à trancher du même et de l'autre, selon les divers points de vue sous lesquels les objets examinés sont considérés.

Aucune description de quelque composante d'une langue que ce soit - phonétique, morphologique, syntaxique, sémantique - naïve ou consciente, platement empirique ou lourdement théorisée, ne saurait faire l'économie de la procédure comparative. Quel que soit le modèle théorique de référence, si, sur des énoncés, nous ne pouvions effectuer des séries de commutations, substitutions, permutations et transformations, portant sur des éléments de nature variable ; sans pratiquer, en un mot, la comparaison, nous serions incapables de produire la liste des phonèmes d'une langue, d'inventorier les combinaisons possibles des morphèmes, de poser des règles de syntaxe, de lister des sèmes, etc.

Identifier des unités et les relations qui les unissent, séparer leurs niveaux de fonctionnement, poser des classes de phénomènes et définir des catégories, tout travail de réflexion linguistique se fonde, en fin de compte, sur notre aptitude cognitive à comparer des objets.

On voit que le propre de cette activité comparante est de pouvoir être conduite sans jamais franchir les bornes de la langue qui est ainsi étudiée. Même s'il est vrai que, pour accéder au statut de linguistique générale et voir assise définitivement leur validité, les conclusions acquises par l'examen du fonctionnement d'un système donné doivent être généralisables, et, pour prendre place dans un cadre unifié, être aussi confrontées à celles qu'autorise l'examen dans les mêmes termes d'autres langues. Aussi, pour y parvenir, devra-t-on pratiquer, comme au second degré, une comparaison des résultats des premières comparaisons portant sur les langues individuelles.

Pourtant, malgré cette omniprésence dans la recherche linguistique d'une heuristique fondée sur la comparaison, ce n'est pas la démarche obligée qu'on vient d'esquisser qui est en général désignée quand on fait de nos jours de la "linguistique comparée", ou de "la linguistique comparative", voire quand on évoque, sans plus de précisions, "la comparaison".

Pour expliquer cet emploi restreint, et le fait que, dans son acception la plus communément reçue, on ne parle aujourd'hui de "comparaison" que si un linguiste prend pour objet d'étude deux langues au moins, avec l'objectif bien précis d'éclairer leur histoire, il convient de repartir des conditions dans lesquelles la linguistique a accédé au statut de véritable science, c'est-à-dire précisément de l'époque des Lumières, quand s'est développée une approche systématique et historique des langues du monde.

Pour en savoir plus

Des sites

Quelques exemples de la méthode comparative inhérente aux différentes tâches de la linguistique :

Des présentations de la linguistique générale :

  • Linguistics Theory, Foundations, and Modern Development
    An Overview of Linguistics and Linguistic Applications
    voir la copie cachée proposée par Google de la page
    www.geocities.com/Athens/Acropolis/1470/linguistics.html

 

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