Formation professionnelle et employabilité

Tunisie


Article écrit par Christian Greuin
Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, garantir l’égalité des chances et les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie constituent des défis prioritaires que doivent universellement relever les politiques publiques d’éducation et de formation. Dans cette perspective, le rôle particulier que sont amenés à jouer l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) pour assurer la meilleure transition possible entre éducation, formation et emploi n’est plus à démontrer.

La question de l’employabilité des jeunes s’est peu à peu instituée en finalité des systèmes de formation et a rendu nécessaire la compréhension des stratégies et des processus organisationnels qui permettent à chaque individu de s’orienter, acquérir par la formation des compétences de vie et pour l’emploi, construire un projet personnel et professionnel, faire reconnaître à chaque étape les acquis en situation formelle ou non-formelle d’apprentissage.

Au regard de la finalité énoncée, le CIEP a, depuis plusieurs années, fait le choix de travailler, dans des contextes nationaux, transnationaux ou internationaux, sur les facteurs améliorant l’employabilité qu’ils soient constitutifs des processus de gouvernance, des processus formatifs eux-mêmes ou exogènes au parcours de formation mais contributeurs au développement des compétences.

De 2012 à 2015, le CIEP a travaillé sur l’impact de la mobilité durant la formation ou post cursus, dans le cadre du projet intracommunautaire Tremplin (financement de la Commission européenne), pour lequel une étude a été réalisée avec le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (CEREQ) : les lycées ont-ils un rôle actif à jouer dans l’insertion des jeunes issus de formation professionnelle ? Une autre étude a été réalisée pour l’agence Erasmus + France visant à produire des recommandations pour les formations en situation de travail en mobilité euro-méditerranéenne dans le cadre du programme 5+5.

Lors de la dernière conférence de comparaisons internationales du Conseil national de l’évaluation du système scolaire (CNESCO), en mai 2016, le CIEP a organisé un atelier portant sur les partenariats publics-privés en faveur de la professionnalisation des élèves et produit une contribution qui figure parmi les préconisations du CNESCO pour l’orientation, la formation et l’insertion des jeunes de la formation professionnelle.

En Tunisie, dans le cadre du volet enseignement supérieur, conduit par SOFRECO, du programme pour l’éducation, la formation professionnelle, l’enseignement supérieur et l’employabilité (PEFESE), financé par l’Union européenne, le CIEP a élaboré en 2014 un document d’orientation pour améliorer le partenariat entre le monde universitaire et le monde professionnel et alimenté la réflexion nationale pour le plan stratégique de réforme de l’enseignement supérieur.

Enfin, fidèle à l’approche comparatiste du CIEP, le dernier numéro de la Revue internationale d’éducation de Sèvres est consacré à la formation professionnelle et l’employabilité sous l’angle de différents contextes étrangers.

Conformément à son contrat d’objectifs et de performance, le CIEP continuera à travailler sur l’EFTP et l’employabilité : l’orientation choisie, le partenariat public-privé pour le pilotage de l’offre de formation et la professionnalisation des apprenants, l’articulation des enseignements secondaire et supérieur professionnels, la démarche qualité des dispositifs et des opérateurs de formation, la reconnaissance des qualifications professionnelles et la validation des acquis, ce qui l’amènera à des interventions en faveur des réformes des systèmes d’enseignement et de formation professionnels et du renforcement de capacité de leurs acteurs.