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| Politiques linguistiques en Europe |
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Actions de l'Union européenne
Politique
Une résolution du Parlement européen du 13 décembre 2001 sur les langues européennes régionales ou moins répandues préconise des mesures en faveur de l'apprentissage des langues et de la diversité linguistique. En guise de réponse, et après une large concertation, la Commission européenne adopte en juillet 2003 un Plan d'action. Celui-ci décrit trois domaines dans lesquels des actions devraient être menées : étendre les avantages de l'apprentissage des langues tout au long de la vie à l'ensemble des citoyens, améliorer l'enseignement
des langues et créer un environnement plus favorable aux langues. Dans une deuxième partie, il propose une série
d'actions à mener au niveau européen entre 2004 et 2006 afin de soutenir les actions menées par les autorités locales, régionales et nationales.
En novembre 2005, la Commission présente sa toute première communication sur le multilinguisme. Elle y expose sa stratégie de promotion et incite les États membres à se doter d’un plan d’action national qui fixerait des objectifs clairs pour l’enseignement aux différents stades du parcours éducatif et sensibiliserait à l’importance de la diversité linguistique. Les autres domaines d’action qu’elle préconise concernent la formation des enseignants, l’apprentissage précoce des langues, l’enseignement d’une discipline par l’intégration d’une langue étrangère, un rôle accru des établissements d’enseignement supérieur, un développement du domaine d’étude du multilinguisme - avec notamment la constitution d’un groupe d’experts indépendants - enfin, un indicateur européen des compétences
linguistiques. Ce document s’intéresse par ailleurs à la relation entre compétences linguistiques et compétitivité économique de l’Union. Elle estime notamment qu’il faut renforcer le rôle des professions et industries liées aux langues. Le dernier chapitre est consacré au multilinguisme dans les relations qu’entretient la Commission avec les citoyens.
A l’occasion de l’adoption de cette communication, la Commission européenne a lancé un portail web sur les langues. Parmi les principaux sujets traités figurent la diversité linguistique, l’apprentissage et l’enseignement des langues, la traduction, l’interprétation et les technologies linguistiques. A l’intérieur de chaque thématique, un choix de rubriques est proposé : politiques, activités, financement, emploi, publications, services et nouveautés.
Dans le prolongement de cette communication, une équipe de onze experts européens a été nommée afin de "dispenser aide et conseils pour l'élaboration d'initiatives, donner un nouvel élan et apporter des idées nouvelles (...) pour une approche globale du multilinguisme dans l'Union européenne". Le Groupe de haut niveau sur le multilinguisme a remis en septembre 2007 ses recommandations, qui concernent les thématiques suivantes : sensibilisation à l’étude des langues - motivation, qui passe notamment par l’utilisation des médias - langues et affaires - recherches sur le multilinguisme - nouvelles tendances et besoins actuels en interprétation et traduction - langues régionales et minoritaires. En janvier 2008 c'est au tour du groupe des intellectuels pour le dialogue interculturel, présidé par l’écrivain Amin Maalouf, de présenter leurs propositions à la Commission. Leur rapport, Un défi salutaire : comment la multiplicité des langues pourrait consolider l'Europe, établit un lien clair entre diversité linguistique et intégration européenne.
Le Plan d’action de 2003 nécessitait une révision ; le 15 novembre 2007 un document de travail de la Commission sur l’état d’avancement de ce plan a été adopté. Il révèle que la quasi-totalité des États membres ont amélioré l’enseignement des langues, notamment en faveur des plus jeunes. Au niveau du secondaire, l’enseignement de deux langues étrangères est proposé à un nombre plus élevé d'élèves, mais pas dans tous les États membres. Le rapport signale en outre quelques faiblesses dans l’enseignement des langues dispensé aux adultes. Ce rapport s’est appuyé sur les rapports nationaux envoyés par les États membres durant le dernier trimestre 2006. Dix-neuf rapports nationaux sur le suivi du Plan d’action sur l’apprentissage des langues et la diversité linguistique sont actuellement disponibles sur le site de la Commission. Un document technique accompagne le rapport de la Commission, reprenant sous forme d’un tableau l’état d’avancement des actions menées et recensant les sources d’information. Les rapports nationaux ont également étayé le rapport indépendant intitulé Relancer l'éducation multilingue pour l'Europe.
Les différentes étapes du plan d'action de la Commission européenne.
Au Conseil de l’Union européenne du 22 mai 2008, les ministres de l’Éducation ont affirmé la nécessité de préserver la diversité linguistique de l’Europe et de respecter la parité entre les langues, les institutions de l’Union européenne devant jouer un rôle central à cet égard. Ils ont rappelé que les apprenants « devraient avoir à leur disposition l’éventail linguistique le plus large possible et bénéficier du soutien des nouvelles technologies, de méthodes innovantes et du travail en réseau des formateurs ». Ils ont invité les États membres, avec le soutien de la Commission, à prendre les mesures appropriées pour améliorer l’enseignement des langues et la continuité de cet enseignement dans la perspective de l’éducation et de la formation tout au long de la vie.
Dans sa dernière communication de septembre 2008 : « Multilinguisme : un atout pour l’Europe, un engagement commun », la Commission s'intéresse également aux défis que pose une diversité linguistique accrue du fait des élargissements successifs de l'Union. Ce document définit un cadre stratégique transversal pour le multilinguisme, qui est intégré à un grand nombre des domaines d’action de l’Union. Il est notamment question des mesures à adopter pour inciter les citoyens européens à parler deux langues étrangères et de la manière dont les langues améliorent l’employabilité et la compétitivité des entreprises.
La Commission avait d'ailleurs sollicité les parties prenantes et le grand public sur la question du multilinguisme. La consultation en ligne, qui s'est tenue entre le 14 septembre et le 15 novembre 2007, a donné lieu à une synthèse, qui fut présentée à la dernière audition publique sur le multilinguisme organisée le 15 avril 2008. Un forum intitulé "la parole est à vous" fut également lancé à l'occasion de la Journée européenne des langues sur le site du commissaire au multilinguisme, Leonard Orban. Le processus de consultation sur le multilinguisme impliquait également de rencontrer les entreprises, comme lors de la conférence avec les milieux d'affaires organisée à Bruxelles en septembre 2007 et à l'occasion du Forum des entreprises en novembre 2007 à Lisbonne. Les membres du Forum ont fait part de leurs recommandations pour augmenter la compétitivité des entreprises ainsi que la capacité d’insertion et la mobilité des travailleurs dans un rapport remis au commissaire Orban en juillet 2008. Le Conseil de l'Union européenne a publié en novembre 2008 une résolution sur la stratégie en faveur du multilinguisme ; ce texte souligne notamment le rôle du multilinguisme dans la compétitivité des entreprises ainsi que dans la mobilité et l'employabilité des citoyens européens. Début 2009, c'est au tour du Comité économique et social européen de rendre son avis sur le sujet.
A l’occasion de la présidence de l’Union, la France organise le 26 septembre 2008 - Journée européenne des langues - les états généraux du multilinguisme, afin d’approfondir les enjeux liés à la place des langues dans tous les secteurs de la vie sociale, économique et culturelle. Les tables rondes porteront sur la créativité et l'innovation dans l'enseignement des langues, la contribution du multilinguisme à la circulation des œuvres et des biens culturels et plus largement au dialogue interculturel, enfin l'apport du multilinguisme à la compétitivité économique et au renforcement de la cohésion sociale.
Programme d'éducation et de formation tout au long de la vie 2007-2013
Le Programme d’éducation et de formation tout au long de la vie 2007-2013, Programme EFTLV, est une synthèse des précédents programmes éducatifs Socrates et Leonardo da Vinci. Il s’appuie sur les évaluations intermédiaires de ces derniers et tend vers plus de simplification et de décentralisation afin de rapprocher les instances décisionnelles des porteurs de projets. Il se compose principalement de quatre programmes sectoriels, Comenius (éducation scolaire) - Erasmus (formation professionnelle au niveau supérieur et mobilité) - Leonardo da Vinci (formation professionnelle) et Grundtvig (éducation des adultes) et d’un programme transversal. Ce dernier se décline en quatre actions, dont la promotion des langues et de la diversité linguistique.
Cette action, également appelée Activité clé 2 ou "Langues", cherche principalement à élargir l’éventail des langues enseignées (plus de diversité que dans le précédent programme Socrates), à inciter les Européens à parler au moins deux langues étrangères et à les étudier tout au long de leur vie. Le budget pour l'activité "Langues" s'élève à environ 12 millions d'euros par an. Les activités ou projets soutenus par le Programme peuvent prendre la forme de partenariats entre école, d'assistanat et formation continue des enseignants, de préparation linguistique à la mobilité, de conférences, d'études ou encore de campagnes d'information. Dans la majorité des cas, ils sont sélectionnés sur la base d'appels à propositions généraux lancés annuellement par la Direction générale de l'éducation et de la culture de la Commission. On distingue les projets multilatéraux, les réseaux linguistiques et les mesures d’accompagnement.
Les projets multilatéraux
Ils ont pour objectif la prise de conscience linguistique, l’accès aux ressources pédagogiques dans le domaine des langues, ainsi que le développement et la diffusion du matériel pédagogique. Les groupes cibles sont les personnes disposant de peu ou ne disposant pas d’une expérience d’apprentissage linguistique, de même que celles qui y sont réticentes. Ils associent aux moins trois partenaires issus de trois pays différents sur un maximum de trois années.
Les réseaux linguistiques
Ils doivent favoriser les politiques d’enseignement et d’apprentissage des langues, promouvoir la diversité linguistique et soutenir le partage de l’information sur les techniques innovantes, les bonnes pratiques et les produits développés dans les projets antérieurs auprès des utilisateurs potentiels (autorités publiques, praticiens, entreprises, apprenants, etc.). Projets de coopération multilatérale, les réseaux linguistiques doivent regrouper au moins dix partenaires de dix pays différents, sur une période maximale de trois ans.
Les mesures d’accompagnement
Elles visent à promouvoir les résultats des projets et peuvent recouvrir de formes variées : campagnes de publicité et d’information, conférences, sites internet, publications ou encore développement d’indicateurs statistiques. Elles associent aux moins trois partenaires issus de trois pays différents sur une période d’un an maximum.
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