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| Politiques linguistiques en Europe |
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Compétences linguistiques des Européens
Entre le 5 novembre et le 7 décembre 2005, 28 694 citoyens des vingt-cinq États membres de l’Union européenne, de Bulgarie, Roumanie, Croatie et Turquie ont été interrogés sur leurs expériences et perceptions du multilinguisme. L’enquête Eurobaromètre révèle que le nombre d’Européens qui connaissent au moins une langue étrangère a augmenté entre 2001 - date du précédent sondage - et 2005, passant de 47 à 56 %. Les Européens sont plus nombreux qu’il y a quatre ans à considérer que la connaissance de langues étrangères est utile (83 % en 2005 contre 72 % en 2001). 28 % affirment qu'ils parlent suffisamment bien deux langues étrangères pour participer à une conversation. D’après leurs propres évaluations, leur niveau de connaissances linguistiques s’améliore : la proportion de ceux qui maîtrisent l’anglais et l’espagnol augmente de quatre points et la proportion de ceux qui parlent très bien le français et l’allemand progresse respectivement de trois et deux points. Pourtant le niveau de motivation des citoyens pour apprendre les langues reste faible : un Européen sur cinq est un apprenant actif en langue étrangère. Résumé en français
Au Conseil européen de Barcelone de mars 2002, les chefs d’Etat et de gouvernement ont demandé que soit mis en œuvre un "indicateur européen des compétences linguistiques". En août 2005, la Commission européenne a proposé la création d’un outil, qui s’inscrit dans la série des indicateurs du processus "Education et formation 2010". Le 27 avril 2006, le Parlement européen a donné son accord pour l'établissement de cet indicateur. Dans un premier temps appliqué aux cinq langues les plus enseignées dans les systèmes d'éducation et de formation de l'Union (l'allemand, l'anglais, l'espagnol, le français et l'italien), il sera ultérieurement étendu à un plus large éventail de langues. Il portera sur les compétences en lecture, en compréhensions écrite et orale ainsi qu'en expressions écrite et orale. En juillet 2006 le Conseil de l'Union européenne a communiqué ses conclusions sur cet indicateur. Le 13 avril 2007, la Commission européenne a adopté une communication présentant l'enquête sur les compétences linguistiques des élèves de 14 à 16 ans dans l'Union. Outre le niveau de maîtrise linguistique des jeunes européens et, avec le temps, les progrès enregistrés, les données extraites de l'enquête serviront à connaître la répartition géographique des bonnes pratiques et des bons résultats. L'indicateur n'est pas destiné à établir un classement national mais à promouvoir l'échange des meilleures pratiques entre États membres. La première série d'épreuves, prévue en 2009, portera sur la lecture, la compréhension orale et la rédaction dans les cinq langues de l'Union les plus enseignées en tant que première et deuxième langues étrangères.
Le débat sur les compétences touche également le monde du travail. Le Centre national britannique des langues, le CILT, a réalisé une étude pour la Commission européenne dont le titre est éloquent : Incidences du manque de compétences linguistiques des entreprises sur l'économie européenne. Les entreprises qui se dotent d’une stratégie en matière de communication multilingue parviennent à améliorer leurs ventes à l’exportation de plus de 40 % par rapport à leurs concurrents dépourvus de politique similaire. En septembre 2007, la conférence organisée à Bruxelles "Les langues font nos affaires" sur les compétences linguistiques et la compétitivité a réuni plus de 250 professionnels qui se sont répartis entre les trois ateliers proposés : les langues et le développement régional - l'offre et la demande de compétences linguistiques dans les entreprises - la promotion de l'apprentissage des langues dans les entreprises. La conférence a donné naissance à un Forum des entreprises en novembre 2007. Celui-ci porte sur la collaboration entre les entreprises, le monde de l’enseignement et les pouvoirs publics afin de promouvoir l’apprentissage des langues en faveur du développement économique. Il organise régulièrement des rencontres ; celle du 14 mars 2008 a porté sur le coût d'une main d'œuvre ne maîtrisant pas les langues étrangères et sur les compétences interculturelles indispensables dans les filiales des grandes entreprises. Les membres du Forum ont fait part de leurs recommandations pour augmenter la compétitivité des entreprises ainsi que la capacité d’insertion et la mobilité des travailleurs dans un rapport remis en juillet 2008 au commissaire au multilinguisme Leonard Orban.
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