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DE VUE |
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Productions orales illustrant en parallèle en allemand, anglais, espagnol, français et italien les 6 niveaux du
Cadre européen commun de référence pour les langues
Pour la première fois en Europe, des productions orales de jeunes de 13 à 18 ans ont été calibrées, en cinq langues en parallèle, sur les six niveaux du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). Le CECRL dispose donc désormais d’une illustration comparative de ses niveaux.
Ce travail est le fruit d’un séminaire de la Division des politiques linguistiques du Conseil de l’Europe organisé par le CIEP avec la coopération du Goethe Institut, de l’Instituto Cervantes, de Cambridge ESOL ainsi que de l’Università per Stranieri de Pérouse. Il a réuni en juin 2008 une cinquantaine d’experts européens de l’évaluation en langues, possédant la maîtrise d’au moins 3 langues en compréhension orale et l’expérience de séminaires de ce type.
Les productions classées par niveau et par langue sont disponibles sur le site du Conseil de l’Europe et sur le site du CIEP. Elles sont accompagnées de fiches de commentaire justifiant les niveaux du CECRL attribués par les experts.
Ces documents sont destinés :
1. Aux décideurs nationaux : mise à disposition d’un outil de référence illustrant les niveaux du CECRL visés dans le cursus scolaire.
2. Aux enseignants : mise à disposition d’un outil visualisant les capacités attendues et servant à la formation.
3. Aux apprenants : mise à disposition d’un outil montrant les objectifs langagiers à atteindre.
Le contexte
Différents séminaires de calibrage avaient permis, dès 2004, de tenter d’illustrer, dans une langue donnée, les six niveaux du CECRL (pour le français : CIEP et Eurocentres (2004) ; pour l’allemand : Institut Goethe (2005) et Österreichisches Sprachdiplom (2006) ; pour l’italien : Université de Pérouse (2005) ; pour l’anglais Eurocentres/Ecoles Migros et Cambridge (ESOL).
Le changement méthodologique le plus important par rapport aux séminaires précédents a été la décision de croiser deux types d’évaluation des productions, tout d’abord par comparaison entre elles (classement : évaluation normative) puis par référence aux critères du CECRL (évaluation critériée).
Dans un premier temps, avant le séminaire, il a été demandé à chaque expert de visionner sur une plate forme Internet 10 à 12 séquences en deux langues (dont certaines montraient des productions d’adultes provenant des DVDs existants) et de les classer de la meilleure à la moins bonne.
Dans un deuxième temps, lors du séminaire, les productions ont été évaluées à l’aide du tableau 3 du CECRL qui définit les exigences attendues pour chaque niveau par rapport à l’étendue, la correction, l’aisance, l’interaction et la cohérence.
Pour chacune des productions, il a été procédé à plusieurs votes électroniques. Les résultats du premier vote ont été suivis d’un débat, puis d’une mise en commun et de 2 autres votes. Une analyse statistique effectuée par Cambridge ESOL a permis au final de retenir les exemples les plus représentatifs de A1 à C2.
Lors du classement en ligne, la plupart des productions d’adultes avaient été évaluées à un niveau plus élevé que lors du séminaire au cours duquel elles avaient été calibrées pour la première fois. Brian North, directeur pédagogique de la Fondation Eurocentres, a donc jugé utile de rappeler les différences de comportement des adolescents et des adultes, en particulier dans les monologues, où les derniers sont capables de s’exprimer plus longuement et d’argumenter alors que les adolescents ont tendance à faire des phrases courtes, moins élaborées et structurent assez peu leurs propos. Ceux-ci peuvent en revanche se montrer plus performants au niveau de la prononciation et de la fluidité.
La difficulté d’illustrer les niveaux C
Comme il est très rare que les élèves de 13 à 18 ans atteignent un niveau C dans un cadre scolaire traditionnel, il a également été fait appel à des élèves des sections bilingues, à des élèves pratiquant le bilinguisme à la maison ou à des étudiants d’université. Ces productions, qui avaient été évaluées comme étant les meilleures sur la plate-forme Internet ont suscité une controverse lors du séminaire. Certains experts ont considéré que l’aisance, l’étendue du lexique notable dans l’utilisation des expressions idiomatiques, l’accent parfait et l’interaction tout à fait naturelle justifiaient le niveau C. D’autres, au contraire, ont critiqué l’absence de structuration des propos et estimé que les élèves ne possédaient pas les compétences discursives complexes propres au niveau C. En conséquence, pour certaines langues, les séquences de niveau C ne sont pas accompagnées de commentaires.
Conclusion
En dehors des divergences concernant les niveaux C, les discussions ont montré que les experts interprétaient les niveaux de langue de la même manière. Le séminaire a abouti au calibrage de 136 productions orales dont certaines permettent d’illustrer les cas tangents, c'est-à-dire la limite du passage d’un niveau à l’autre (les points de césure). Comme l’indique le rapport sur le séminaire : « Ce séminaire a également apporté un élément d’innovation dans la mesure où il a permis de tester, avec succès, une méthode d’analyse consistant à croiser les données issues d’un classement avec celles d’une évaluation critériée…. Cette technique peut faciliter la production d’exemples de référence dans des langues moins enseignées, notamment parce que les données peuvent être collectées en ligne. »
Pour davantage d’informations, consulter le rapport du séminaire sur le site du Conseil de l’Europe.
Département évaluation et certifications - CIEP