POINT
DE VUE |
||
La Russie invitée d'honneur à Expolangues
Cette année, la Russie a été l’invitée d’honneur d’Expolangues. Ce choix témoigne de l’importance accordée dans les deux pays à la coopération dans les secteurs éducatifs et linguistiques. En témoignent également l’accord signé entre les deux pays, à l’issue du séminaire intergouvernemental franco-russe de décembre 2004. Deux experts ont été nommés pour mettre cet accord en œuvre et coordonner les actions destinées à promouvoir la langue du partenaire : Madame F. Duchêne, inspectrice générale de russe en France et Monsieur E. Boutko, directeur-adjoint de l’Agence fédérale pour l’éducation en Russie. Tous deux travaillent en étroite collaboration avec les services culturels des ambassades.
Par ailleurs, à l’occasion d’Expolangues, Monsieur Gilles de Robien, Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche s’est entretenu avec son homologue russe, Monsieur Andrei Foursenko. Ils ont évoqué les difficultés rencontrées, les avancées constatées et proposé des pistes à poursuivre ou explorer pour susciter une forte mobilisation autour du maintien, voire de l’amélioration de la position du russe en France et du français en Russie. Au cours de ces échanges, ils ont tous deux réaffirmé leur conviction que le français et le russe jouent un rôle fondamental dans la sauvegarde du plurilinguisme et de la diversité culturelle en Europe, leur apprentissage étant un facteur de rapprochement et d’enrichissement mutuel.
La situation du français en Russie et du russe en France
En Russie, le français est la troisième
langue enseignée, derrière l’anglais et l’allemand.
Il a perdu 11% de ses effectifs en 2005-2006 mais cette décroissance
peut être partiellement attribuée à une diminution globale
des apprenants de langue dans le pays. En effet, depuis l'abandon des quotas
imposés par les autorités éducatives pour l'apprentissage
des langues, la liberté de choix a été laissée aux
familles et cette mesure ne s’est pas accompagnée de l'introduction
d'une deuxième langue vivante obligatoire.
Le russe est la cinquième langue enseignée en France, derrière
l’anglais, l’espagnol, l’allemand et l’italien.
Les actions engagées
Les deux gouvernements ont engagé diverses actions afin de soutenir la langue du partenaire, en s’appuyant sur leur ambassade et sur des réseaux de professeurs qui défendent avec conviction la position de la langue qu’ils enseignent.
En France
Le soutien du russe en France s’est
concrétisé en 2005-2006 par l’augmentation du nombre des
assistants russes, le portant à 47. Ces jeunes russophones enseignent
principalement dans des établissements secondaires. Ambassadeurs de leur
langue auprès des élèves, ils sont aussi le vecteur d’une
ouverture sur leur culture pour l’ensemble de l’établissement
qui les accueille.
En outre, le russe fait partie des langues choisies pour être représentées
sur les deux sites d’accompagnement à l’enseignement des
langues dans le premier et le second degrés, Primlangues
et Emilangues.
Ces sites proposent des ressources en russe aux professeurs et leur offrent
des espaces pour échanger sur leurs pratiques.
Enfin, dans le cadre du plan de rénovation de l’enseignement des
langues, les Commissions académiques langues vivantes, s’attachent,
grâce à la carte académique des langues, à favoriser
la diversité de l’offre en proposant notamment le russe aux élèves.
D’autres voies sont actuellement recherchées par le ministère
de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de
la Recherche, en coopération avec l’ambassade de Russie en France,
pour une mutualisation des ressources pédagogiques, une réflexion
concertée sur les certifications et un accès facilité aux
médias russes.
En Russie
Une étroite collaboration entre les
autorités éducatives russes et les services culturels de l’ambassade
de France en Russie a permis de consentir des efforts importants afin de relancer
l’enseignement du français. Compte tenu des dimensions du pays,
une attention particulière a été portée à
la construction de nouveaux réseaux et à la consolidation de ceux
déjà actifs, comme autant d'appuis et de relais aux actions conduites
: réseau des associations d'enseignants de français, des universités
partenaires de l'ambassade, des établissements secondaires à enseignement
renforcé du français et des Alliances françaises.
Les actions en faveur du français se déclinent autour de trois
axes : la formation continue des enseignants en Russie et en France, la mobilité
des jeunes, la communication autour du français.
Concernant la communication, de nombreux outils ont été développés
: le site du français
en Russie, deux lettres électroniques, la
lettre du réseau diffusée aux 80 universités partenaires,
Francofilou, la lettre des écoles,
diffusée auprès des établissements à enseignement
renforcé du français (près de 200 sur tout le territoire
de la Fédération de Russie). Un site-portail pour les Alliances
françaises est en cours de finalisation ainsi qu’une plateforme
de blogs destinée aux associations d’enseignants, aux jeunes souhaitant
partager leurs expériences, qu’il s’agisse d’apprentissage
du français ou de séjours « découverte » en
France, et à tous ceux, enseignants et étudiants, qui souhaitent
mieux communiquer. Enfin, une campagne de communication sur le français
sera lancée en Russie en 2007, dont il est attendu qu'elle ait un impact
sur la demande des familles.
Toutes ces mesures, fruits d’efforts conjoints des deux pays devraient donc améliorer la position du français comme du russe. Elles seront d’autant plus efficaces qu’elles sont appuyées par un discours officiel privilégiant la diversité linguistique et par la volonté politique de soutenir la langue du partenaire dont la rencontre à Expolangues des deux ministres de l’Éducation s’est fait l’écho.
Mireille Cheval
Attachée de coopération éducative à Moscou, en Russie