FICHIER K

 

Les initiatives des Belges francophones

 

En juin 1993 le Conseil de la Communauté a voté un décret visant à féminiser dans les documents émanant du secteur public les noms de métier, fonction, grade ou titre.

Ces règles de féminisation ont été étudiées par le Conseil supérieur de la langue française et adoptées par un arrêté du gouvernement de la Communauté française du 13 décembre 1993.

Afin de faire connaître cette réforme, la Communauté française a publié en 1994 un guide de féminisation reprenant quelque 1500 noms de métier (Mettre au féminin. Guide de féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre. Service de la langue française. Conseil supérieur de la langue française. Communauté française de Belgique. Bruxelles 1994).

La réforme suscita de vives oppositions.

"Certains s'élevèrent pour dire que l'Etat n'avait pas à intervenir sur la langue et que c'était à l'usage de décider. Or, il n'existe pas un usage mais des usages, et dans ce cas l'Etat ne légiférait que dans le cadre de son propre usage administratif. En dehors de ce cadre administratif, chacun reste libre de féminiser ou pas."

"D'autres encore s'opposaient à la féminisation en avançant des arguments de type linguistique, mettant en avant, par exemple, le fait que le masculin serait un genre non marqué ou regrettant la polysémie de certains mots féminisés. Ces arguments, souvent erronés, traduisaient de fait une résistance au changement, changement linguistique d'une part, changement dans les rapports entre hommes et femmes d'autre part."

Néanmoins l'opinion publique s'intéressa à cette réforme, puisqu'en moins de trois mois 30.000 personnes demandèrent d'obtenir le guide de féminisation.

D'après Le français en Belgique. Une langue, une communauté. Sous la direction de D. Blampain André Goosse, J.-M. Klinkenberg, M. Wilmet. Ministre de la Communauté française de Belgique (Service de la langue française), Duculot 1997, p. 470-472.

   


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