Pourquoi les noms de métier ou de fonction posent-ils un problème ?

   
 

En fonction des données qui précèdent examinons maintenant le cas des noms désignant des professions qui, parce qu'elles ont été exercées depuis toujours par des hommes, sont de genre masculin et ne peuvent avoir de fait qu'un référent de sexe masculin : ce sont des noms qui n'ont pas d'équivalent pour l'autre sexe : écrivain, député, peintre, auteur, ministre.

S'ensuit-il de cette absence de pendant féminin qu'ils incluent dans leur contenu des personnes des deux sexes ? En d'autres termes, sont-ils génériques ?

Une fausse généricité

Il est difficile de les assimiler à otage ou victime, précisément pour des raisons sémantiques. Alors que cette condition (malheureuse et transitoire) n'implique aucune spécification et que cet état affecte des individus de l'un ou l'autre sexe, il n'en va pas de même pour député ou capitaine. Ceux-ci sont limités à un sexe en fonction de leur genre.

Mais ils peuvent être employés pour qualifier des femmes : "George Sand était un écrivain très prolifique qui est resté un auteur de second rang dans les manuels" ; "Madame Vigée-Lebrun est un peintre français contemporain de David". Et quand il est absolument nécessaire de souligner l'appartenance sexuée, on recourt, on l'a vu, à la composition à l'aide de femme : "une femme-ministre au ministère de la Marine ? ce serait nouveau !". On rencontre à leur propos les mêmes difficultés que précédemment pour les accords, car on ne peut pas dire "*le nouveau professeur est belle". Le flottement est souvent perceptible : "Madame le secrétaire d'état au logement, délégué(e) ??? auprès du ministre des affaires sociales", "Madame X, chargé(e) ??? de mission".

Les difficultés d'emploi

Ces noms de fonctions ou de professions traditionnellement exercées par des hommes constituent sans conteste un point de faiblesse par plusieurs aspects.

- ils entrent en contradiction avec une tendance générale de la langue à accorder genre et sexe pour les êtres huamaisn.

- l'emploi d'un masculin pour une profession exercée par une femme produit des accords problématiques, voire des formules incompréhensibles au premier abord (le gendarme s'est marié en robe blanche). [FICHIER D]

- la nécessité de préciser éventuellement le sexe oblige à des périphrases (un professeur femme) dont la lourdeur est contraire à l'économie des moyens d'expression.

- ils entraînent des disparités d'emploi peu justifiables, sinon par un souci de distinction sociale : une femme pourrait être directrice d'école primaire, mais pas directrice des lycées et collèges au ministère de l'Education ; elle sera conseillère conjugale mais conseiller municipal ou régional.

- en pratique, ils entraînent une interprétation qui est exclusivement celle du sexe masculin. Une femme ne répondra pas spontanément à une petite annonce demandant un soudeur ou un ingénieur ; ce qui a conduit les professionnels à toujours faire figurer entre parenthèses (H/F) pour ne pas être accusés de discrimination.

Une fois reconnue cette difficulté, on peut se demander si la langue française est en mesure de la résoudre.

   


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