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Le masculin est-il générique ? |
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Le masculin, un genre non-marqué ? |
Tous les exemples qui précèdent sont éclairants pour apprécier la validité de l'affirmation qui fait du masculin le genre générique. On a vu que, s'il est légitime de parler de généricité dans le cas de homme, habitant, etc., de tels mots ne tirent cette capacité que de la co-présence d'un féminin correspondant et la perdent le plus souvent au singulier. On a vu aussi qu'un féminin comme victime, pouvait être générique au même titre que le masculin otage. Il reste que le masculin est effectivement le genre indifférencié (R.L. Wagner et J. Pinchon Grammaire du français classique et moderne Paris 1962, p. 56) ou le genre par défaut, mais seulement par des traits de nature syntaxique : - c'est le masculin qui prévaut dans les règles d'accord [FICHIER I] mais ce fait de syntaxe n'a rien à voir avec la capacité d'un nom masculin d'être animé d'inclure dans son contenu les deux sexes. - c'est par le masculin tout qu'on reprend les termes d'une énumération ; - le masculin est le genre des mots substantivés (le beau, le boire et le manger) ; - c'est encore le masculin qu'on emploie pour parler d'un objet dont on ne connaît pas le nom (un truc, un machin, passe-moi le chose ). Rien, dans ces faits, ne qualifie un nom masculin à valoir en toute circonstance pour désigner un référent de sexe féminin. Si l'on aborde la question du genre non-marqué par le biais de la forme, à propos de laquelle on a coutume de déclarer le féminin forme marquée et de caractériser le masculin par l'absence de marque, on note qu'il existe un grand nombre de mots, noms et adjectifs, qui ont la même forme orale aux deux genres (56% d'après M. Durand Le genre grammatical en français parlé à Paris et dans la région parisienne Paris, Ed. d'Artrey, 1936), et, parmi ceux qui varient, beaucoup ont une marque différente à chaque genre. Considérée du point de vue du signifiant, l'opposition masculin / féminin est donc plutôt équipollente, c'est-à-dire marquée des deux côtés. De plus, on n'observe aucune supériorité de fréquence en faveur du masculin, comme il serait normal pour les formes non marquées. Voir H. Bonnard, article "Genre" Grand Larousse de la langue française Paris 1973 p. 2202. |
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