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Que disent les textes officiels ? |
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Circulaire du 11 mars 1986 relative à la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre Paris le 11 mars 1986 |
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Le Premier ministre, à Mesdames et Messieurs les ministres et secrétaires d'Etat L'accession des femmes, de plus en plus nombreuses à des fonctions de plus en plus diverses, est une réalité qui doit trouver sa traduction dans le vocabulaire. Pour adapter la langue à cette évolution sociale, Mme Yvette Roudy, ministre des droits de la femme, a mis en place, en 1984, une commission de terminologie chargée de la féminisation des noms de métier et de fonction, présidée par Mme Benoîte Groult. Cette commission vient d'achever ses travaux et a remis ses conclusions. Elle a dégagé un ensemble de règles permettant la féminisation de la plupart des noms de métier, grade, fonction ou titre. Ces règles sont définies en annexe à la présente circulaire. Je vous demande de veiller à l'utilisation de ces termes : - dans les décrets, arrêtés, circulaires, instructions et directives ministériels; - dans les correspondances et documents qui émanent des administrations, services ou établissements publics de l'Etat. - dans les textes des marchés et contrats auxquels l'Etat ou les établissements publics de l'Etat sont parties. - dans les ouvrages d'enseignement, de formation ou de recherche utilisés dans les établissements, institutions ou organismes dépendant de l'Etat, placés sous son autorité, ou soumis à son contrôle, ou bénéficiant de son concours financier. Pour ce qui concerne les différents secteurs d'activités économiques dont vous avez la charge, il vous appartient de prendre contacts nécessaires avec les organisations socio-professionnelles concernées afin d'étudier les modalités spécifiques de mise en oeuvre de ces dispositions. Laurent Fabius |
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Annexe Règles de féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre |
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Les féminins des noms de métier, fonction, grade ou titre sont formés par application des règles suivantes : 1 L'emploi d'un déterminant féminin : une, la, cette. 2 a) Les noms terminés à l'écrit par un "e" muet ont un masculin et un féminin identiques : une architecte, une comptable... Remarque - On notera que le suffixe féminin "esse" n'est plus employé en français moderne ; une poétesse... b) Les noms masculins terminés à l'écrit par une voyelle autre que le "e" muet ont un féminin en "e" : une chargée de mission, une déléguée. c) Les noms masculins terminés à l'écrit par une consonne, à l'exception des noms se terminant par "eur" ont : - un féminin identique au masculin : une médecin. - ou un féminin en "e" avec éventuellement l'ajout d'un accent sur la dernière voyelle ou le doublement de la dernière consonne : une agente, une huissière, une mécanicienne... d) Les noms masculins terminés en "teur" ont : - si le "t" appartient au verbe de base, un féminin en "teuse" : une acheteuse... ; - si le "t" n'appartient pas au verbe de base, un féminin en "trice" : une animatrice... Remarques : - l'usage actuel a tendance à donner un féminin en "trice", même à des noms dans lesquels le "t" appartient au verbe de base : une éditrice... ; - dans certains cas, la forme en "trice" n'est pas aujourd'hui acceptée ; dans ce cas on emploiera un féminin identique au masculin : une auteur... e) Les autres noms masculins terminés en "eur" ont, si le verbe de base est reconnaissable, un féminin en "euse" : une vendeuse, une danseuse... Remarque - Le suffixe féminin "esse" n'est plus employé en français moderne : une demanderesse... Si le verbe de base n'est pas reconnaissable, que ce soit pour la forme ou le sens, il est recommandé, faute de règle acceptée, d'utiliser un masculin et un féminin identiques : une proviseur, une ingénieur, une professeur... (Journal Officiel Mars 1986, p. 4267) [Voir sur cette annexe les remarques d'un des membres de la commission] [FICHIER B] |
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Circulaire du 6 mars 1998 relative à la féminisation des noms de métier, fonction grade ou titre Paris, le 6 mars 1998 |
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Le Premier ministre à Mesdames et Messieurs Voilà plus de dix ans, le 11 Mars 1996, mon prédécesseur, Laurent Fabius, adressait aux membres du Gouvernement une circulaire prescrivant la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre dans les textes réglementaires et dans tous les documents officiels émanant des administrations et établissements publics de l'Etat. Cette circulaire n'a jamais été abrogée, mais elle n'a guère été appliquée jusqu'à ce que les femmes appartenant à l'actuel Gouvernement décident de revendiquer pour leur compte la féminisation du titre de ministre. Elles ont ainsi engagé un mouvement qu'il faut poursuivre afin que la féminisation des appellations professionnelles entre irrévocablement dans nos moeurs. Pour accélérer l'évolution en cours, j'ai demandé à la commission générale de terminologie et de néologie de mener une étude qui, à la lumière des pratiques passées et des usages en vigueur dans d'autres pays francophones, fera le point sur l'état de la question. La commission pourra s'appuyer notamment sur les travaux accomplis en 1984 et 1985 par la commission pour la féminisation des noms de métier et de fonction. Son étude devra m'être remise dans le courant du second trimestre 1998. En liaison avec ces travaux, l'Institut national de la langue française se propose d'établir un guide pour les usagers. Ce guide qui recensera les termes utilisés dans les pays francophones et contiendra des recommandations concernant les formes féminines les mieux adaptées à nos usages, fera l'objet d'une large diffusion. Dès maintenant, et sans attendre le résultat des travaux de la commission générale de terminologie et de néologie, il convient de recourir aux appellations féminines pour les noms de métier, de fonction, grade ou titre dès lors qu'il s'agit de termes dont le féminin est par ailleurs d'usage courant (par exemple, la secrétaire, la directrice, la conseillère). Je vous invite à diffuser cette pratique dans les services placés sous votre autorité et à l'appliquer dans les textes soumis à votre signature. Lionel Jospin |
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