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Un document authentique pour aborder :
La nominalisation
Les préfixes
Petit lexique :
biisme taulard
Faits de société :
Les définitions du statut social |
Ex ainsi employé comme un nom à
part entière désigne uniquement l'ancien(ne) mari/épouse ou
petit(e) ami(e). Il est évidemment issu «d'ex-mari, ex-concubin,
ex-femme, etc.» par disparition du noyau lexical avec maintien du seul préfixe.
Il s'utilise beaucoup dans la langue branchée : j'ai rencontré mon
«ex», il/elle vient de se remarier avec un tendron. L'emploi est intéressant
à un double titre.
C'est d'abord un trait de la langue branchée, qui
affectionne les changements de classe grammaticale : un nom devient verbe (il théâtre)
ou adjectif (je suis très voiture). Certains préfixes y sont ainsi
utilisés comme des noms. Un bi est un «bisexuel»,
et l'on a même par dérivation le «biisme». Un trans
(prononcé transs), qui est un transsexuel, nous vient des abréviations
dans les petites annonces. Un hyper est un «hyper-marché».
De même, giga, d'abord issu de l'informatique
(giga-octet) a été popularisé par la dessinatrice Brétécher
comme intensif. Plus anciens, on trouve toujours : le super
[carburant], un ultra [royaliste, nationaliste], un extra,
avec deux sens : 1) employé supplémentaire et temporaire dans la
restauration, 2) fantaisie exceptionnelle.
Ex, relié à un substantif
ou un adjectif, sert surtout à exprimer qu'un état civil, un
statut social, une situation ont été occupés auparavant par
une personne : un «ex-taulard, ex-ministre, ex empereur du Gabon,
ex-gauchiste». En concurrence avec ancien dans cet emploi, ex-
s'en distingue par une nuance de sens : l'état antérieur est
perdu, coupé de l'état actuel. Une nouvelle relation peut s'établir
avec un ancien amant, pas avec un «ex-amant»; un «ex-avocat»
sera radié du barreau, une «ex-prostituée» est devenue
romancière à succès, un «ex-PDG» se retrouve SDF,
etc.
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