Petite affiche apposée dans le métro et invitant les voyageurs à découvrir Internet dans une station.


Un document authentique pour aborder :

Les néologismes

La préfixation


Petit lexique :

réseau
ringardisation 


Faits de société :

La communication électronique

Cette injonction, au-dessus d'un lapin coiffé d'un casque à antennes, illustre la vogue actuelle et la productivité de composés qui ont «cyber» comme premier élément. Ils expriment une vague relation à l'univers d'Internet et plus largement à l'univers numérique constitué de réseaux d'ordinateurs ainsi qu'aux modes de vie ou de pensée qui en découlent : la presse écrite, fin 1996, évoquait ainsi une «cyber-mamie», pour décrire une grand-mère passionnée par le réseau et passant de longues heures devant son écran ; une émission télévisée s'intitulait, début 1997, «cyber-guérilla». Plus anciens, «cyber-sex», «cyber-café» et «cyber-culture» sont maintenant bien implantés dans la presse branchée, mais on trouve aussi «cyber-monde», «cyber-punk».

Tous ces termes se rattachent au mot «cyberespace», entré en français vers 1994, quand les médias ont fait découvrir le phénomène Internet au grand public. C'était alors un emprunt pur et simple à l'anglo-américain «cyberspace», forgé en 1984 par un auteur de science fiction, William Gibson (1948- ), dans son roman Neuromancer. «Cyber-» est une forme arbitrairement tronquée de «cybernetics» (créé en 1948 par le mathématicien Norbert Wiener et aussitôt francisé), car le grec «kubernaô» (gouverner), d'où vient ce dernier, n'autorise pas un tel découpage.

Pour les fanatiques d'Internet aux USA, «cyberspace» est déjà passé de mode, tout juste bon pour les utilisateurs les plus récents du réseau et la grande presse. Attendons les premiers signes de ringardisation des composés en «cyber-».



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