Une chaîne commerciale de cavistes franchisés vendant vin et alcools a fait le mois dernier une campagne publicitaire où figurait cette affichette.


Un document authentique pour aborder :


La notion de degré
La dérivation


Petit lexique :

étiquette
caviste 


Faits de société :

Mieux qu'une boisson : du vin !

Le suffixe -issime, à valeur superlative, n'est pas normalement productif en français. On ne le trouve qu'avec certains adjectifs, de manière figée : rarissime, richissime, et souvent dans des termes d'étiquette (sérénissime, révérendissime). Hors de ces emplois, son utilisation témoigne toujours d'un recul ironique et d'une volonté de jouer avec la langue dans une création verbale non intégrée à la langue : illustrissime, importantissime, savantissime. De là, cet outil de dérivation s'est répandu dans la langue dite branchée, où l'on peut parler d'un spectacle «chiantissime».

L'emploi du suffixe avec un substantif est une nouveauté qu'il faut sans doute relier à une pratique récente, toujours de la langue branchée, consistant à modifier en degré un nom : «il est très professeur», au sens de : «il manifeste au plus haut degré les qualités et les défauts inhérents au métier d'enseignant».

Dans le cas présent, il s'agit de séduire une clientèle de jeunes cadres consommateurs de vin par une formulation un peu snob, qui renvoie vaguement à la «vinitude» des vins sélectionnés pour cette opération de promotion, quelque chose comme les vins «les plus vins» qui se puissent concevoir. Effort sans doute un peu vain.



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