REGARDS SUR ... LA SERBIE  

LE BILINGUE, UNE IDÉE NEUVE EN SERBIE

Par Bruno Boyer, attaché de coopération pour le français, Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France en Serbie

Les sections bilingues ont été créées en 2004 grâce à la mise en place d’un partenariat avec le ministère de l’Éducation serbe sur un Fonds de solidarité prioritaire (FSP) lancé en 2001. Elles ont été ouvertes auprès des deux établissements les plus réputés de la capitale, le lycée 3 (Gymnasi) et l’école fondamentale de Ribnikar (Zakladna Skola).
La qualité d’une formation bilingue réside, en partie, dans sa continuité : les deux bâtiments sont voisins et les élèves de primaire poursuivent généralement leur scolarité au sein du lycée 3, de la première à la quatrième classe. Les filières francophones dans les universités serbes (économie, management culturel) sont des prolongements naturels pour les titulaires de la matura (baccalauréat). Cette continuité est indispensable car en Serbie, plus qu’ailleurs, les familles investissent sur un programme de qualité qui doit offrir les meilleurs débouchés à leurs enfants. Le français n’est pas une fin en soi, il est un moyen d’accès aux filières d’excellence.

Les élèves sont recrutés par concours, sur épreuve de langue française, de serbe et de mathématiques (ces deux dernières épreuves pour les classes de lycée). La grande majorité des candidats à Ribnikar sont issus des classes de français renforcé du même établissement. Ce fonctionnement endogène ne facilite pas l’ouverture des sections vers un public extérieur ; il a en revanche l’avantage d’assurer une qualité pédagogique constante et de haut niveau. En effet, l’école Ribnikar dispense un enseignement renforcé du français pendant les six années pré-bilingue à raison de 6 heures par semaine. Le niveau linguistique des candidats à l’entrée des sections est donc excellent.
118 élèves suivent actuellement une scolarité bilingue répartie sur six années d’études (7-8e classe de ZS et 4 années au lycée 3). Cet effectif est donc modeste. L’augmentation du nombre de classes dans chaque établissement fait l’objet de négociations avec le ministère de l’Éducation. Il convient en effet d’atteindre une masse critique d’apprenants afin de renforcer l’assise des sections sur le territoire de la République. Pour cela, l’ouverture de nouvelles implantations en province est une priorité. Deux établissements de haut niveau ont été identifiés : les lycées Svetan Markovic de Nis et Zmaj Jovina de Novi Sad. Porté par les directeurs de ces établissements, le projet devrait aboutir à la rentrée 2009.

Les objectifs, les programmes et contenus sont ceux des instances officielles serbes. Il n’y a pas de programmes intégrés en Serbie, il est encore trop tôt. Le programme serbe repose essentiellement sur l’acquisition de connaissances et laisse peu de marge à l’expérimentation. Le travail des enseignants repose donc avant tout sur l’approche argumentative et l’intégration d’une micro-alternance des langues.
Pendant leur parcours, les élèves passent les examens du DELF scolaire. Le taux de réussite avoisine les 100 %. La délivrance d’une attestation de compétence linguistique au terme de leur scolarité est un facteur supplémentaire de motivation : l’attractivité des universités françaises est en effet très forte en Serbie et la dispense du TCF/DAP est particulièrement recherchée.

Un soutien français massif désormais ciblé
La phase FSP a permis d’assurer les bases fondamentales nécessaires au bon fonctionnement des sections : centre de documentation au sein du lycée, formation linguistique des professeurs de DNL, formation pédagogique des enseignants de français.
Dans un contexte budgétaire toujours plus contraignant, le Service de coopération et d’action culturelle adapte son accompagnement en concentrant ses efforts sur les actions suivantes :

- appariements avec les sections européennes de Picardie. Chaque établissement s’engage dans un projet pédagogique pluridisciplinaire défini avec le partenaire, l’échange étant la conclusion de cette coopération ;
- stages de pratique accompagnée pour les enseignants serbes au sein des sections européennes, grâce à la collaboration du rectorat de Picardie ;
- dotation documentaire en manuels français de sciences ;
- élaboration du curriculum et de la matura de français pour les classes de lycée 
- formation linguistique des enseignants de DNL au Centre culturel français de Belgrade 
- formation didactique des professeurs en Serbie. Jean Duverger est ainsi venu animer un séminaire local en décembre dernier à Belgrade ;
renforcement de la présence des locuteurs natifs à la rentrée 2008, notamment au lycée.

L’objectif est de renforcer les savoir-faire pédagogiques et de donner une visibilité accrue aux sections.

Une expérience pilote, un cadre pour les langues européennes
L’éducation en Serbie traverse depuis plusieurs années une crise importante : désintérêt des étudiants pour la carrière d’enseignant, absence de formation continue, dévalorisation du statut social, concurrence croissante du privé… Les filières d’excellence sont une des réponses préconisées par les autorités serbes pour répondre aux nouveaux besoins. Le ministère de l'Éducation nationale entend également créer un véritable réseau bilingue à partir de l’exemple français, qui constitue la seule expérience multilingue en Serbie avec la section italienne. Des sections pour l’allemand, l’anglais et l’espagnol devraient voir le jour dans les villes de Nis, Kragujevac et Novi Sad. Elles soulignent l’engagement européen résolu de la Serbie.
Une concurrence stimulante pour les sections françaises qui, fortes de leur expérience, doivent rayonner au-delà de leur environnement immédiat et renforcer leur assise par la création de nouvelles sections. Des synergies sont ainsi à l’étude avec les sections bilingues allemandes en voie de constitution, afin de proposer un projet pilote trilingue auprès d’un lycée à Novi Sad avec le soutien du SCAC et du Goethe Institut.

Le bi-plurilinguisme est bien une idée neuve en Serbie, une réalité en devenir, dont les contours sont loin d’être définis. Cette souplesse du dispositif et son évolution accélérée témoignent de la vivacité locale du concept.


PRATIQUES PÉDAGOGIQUES EN CLASSE BILINGUE EN SERBIE

Si les interrogations liées au statut des enseignants persistent (cf. Français dans le monde, n° 354), l’aspect pédagogique du dispositif bilingue à Belgrade semble avoir bénéficié en revanche d’une importante impulsion. Ainsi, les professeurs des deux établissements (Lycée III et EE Ribnikar) ont eu l’occasion de rencontrer, du 13 au 15 décembre 2007, Jean Duverger. Cet expert pour l’enseignement bilingue a pu présenter les résultats de ses recherches, lors de nombreux séminaires, dans plusieurs livres et articles* qui l’ont fait connaître au public serbe.
Durant son séjour, organisé à l’initiative du Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France en Serbie, l’intervention de Jean Duverger a été organisée autour de trois axes : visite de cours en classes bilingues, rencontre avec les responsables du ministère de l’Éducation nationale de Serbie et, le plus important, animation de deux journées pédagogiques.

Le séminaire, qui a eu lieu au Lycée III, a regroupé les enseignants intéressés, y compris les directeurs des deux établissements. Le premier jour, Jean Duverger a présenté les aspects théoriques, institutionnels et méthodologiques de l’enseignement bilingue, rappelant que dans ce domaine il n’existe, ni ne peut exister, de modèle universel. Quant à la pratique pédagogique, il a souligné l’importance de la collaboration des professeurs des DNL et de FLE. L’action des enseignants de FLE devrait porter surtout sur la recherche de documents et l’analyse comparative/contrastive des deux langues ; les enseignants des DNL, quant à eux, devraient mettre en œuvre des stratégies à travers lesquelles les apprenants non seulement élèveraient leur niveau linguistique, mais développeraient aussi les capacités cognitives générales et, surtout, l’acquisition de concepts clés dans la matière concernée.

Puisque l’enseignement bilingue n’est pas la somme de deux enseignements monolingues, l’utilisation de la langue maternelle et étrangère devrait être organisée et structurée, et ce sur trois niveaux : macro-alternance des deux langues portant sur la programmation de l’enseignement (une année scolaire ou un semestre) ; micro-alternance représentant de courts passages d’une langue à l’autre, le plus souvent imprévisibles, dans le but d’expliquer et reformuler certains concepts ou de maintenir l’interaction en classe ; la troisième, méso-alternance, concernant l’utilisation des deux langues dans le cadre d’une séquence didactique : donner le titre dans les deux langues, faire émerger, en langue maternelle, les représentations des élèves sur le sujet traité, faire prendre des notes, réaliser des résumés ou des exercices de contrôle dans les deux langues, etc.

Le deuxième jour, le travail s’est déroulé en ateliers. Les professeurs de disciplines similaires, assistés par les enseignants de FLE, ont élaboré des maquettes d’une unité didactique à partir des principes présentés le jour précédent et en s’appuyant sur les manuels nationaux et français. A la fin de la journée, le travail a consisté en une mise en commun des idées pour la réalisation de projets interdisciplinaires.

Jovica Mikic, Responsable du Centre de Documentation et d’Information de la section bilingue de Ribnikar

* L’enseignement bilingue aujourd’hui (en collaboration aves J.-P. Maillard), Bibliothèque Richaudeau/Albin Michel, 1996 ; L’enseignement en classe bilingue, Hachette, 2005


L'ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS EN CLASSE BILINGUE À L'ÉCOLE VLADISLAV RIBNIKAR

Établissement à français renforcé depuis plus de quarante ans, l’école primaire Vladislav Ribnikar fut un lieu naturel pour la conception de l’enseignement bilingue en Serbie. En effet, tous les élèves y apprennent le français de la première à la huitième année (les élèves de 7 à 14 ans) à raison de 6 cours de 40 minutes par semaine. Ainsi, à la fin des huit ans, ils ont suivi plus de 1 600 cours de français et devraient atteindre le niveau B1 d’après le Cadre européen commun de référence*.

Dans le cycle primaire, l’enseignement bilingue est intégré au programme lors des deux dernières années du cursus primaire, à savoir en 7e et 8e année. Le nombre de cours de langue française reste identique à celui des classes non bilingues, mais avec cinq cours de disciplines non linguistiques (DNL) en français, cela fait en tout onze cours en français. C’est à dire un tiers de la totalité du nombre de cours par semaine.

Modalités de recrutement des élèves
Pour entrer en classe bilingue, les élèves intéressés passent un test de français  constitué de quatre épreuves qui évaluent les quatre compétences, à savoir la compréhension et l’expression orales et écrites. Les candidats retenus doivent faire preuve de compétences niveau A2+ en réception et A2 en production.
Le nombre  maximal d’élèves admis est limité à cinquante, c’est à dire deux classes par année.

Les supports d’enseignement
Les sections bilingues utilisent exclusivement les manuels et les ouvrages publiés en France ainsi que des documents authentiques extraits de médias francophones. En outre, grâce à la création et à l’équipement d’un centre de documentation selon le modèle français (CDI), notre établissement possède un matériel pédagogique important, des ouvrages généraux, manuels, documents authentiques, audiovisuels... mis à disposition des enseignants et des élèves pour le travail en classe ou un usage individuel.
Ces sections bénéficient également de la présence d’un assistant français qui intervient dans chaque classe bilingue une fois par semaine en travaillant en demi-groupe.

Outre la tâche primordiale d’assurer l’acquisition d’un bon niveau de français pour toutes les compétences langagières, les professeurs de français veillent à maintenir dans leurs cours un dialogue permanent entre les deux systèmes éducatifs et les deux cultures. Ainsi, la France est présente dans les thèmes étudiés, les techniques d’enseignement, le système d’évaluation et de notation. Les activités théâtrales constituent aussi une partie importante de travail en classe de français.

Échanges, partenariats et activités culturelles
Il existe un jumelage entre notre école et le collège de Vergèze, près de Montpellier, ce qui a déjà permis des voyages de classe. Ces séjours se sont avérés bénéfiques, surtout sur les plans culturel et éducatif, et nous espérons un élargissement de ce type d’échanges avec d’autres établissements scolaires français et avec des filières bilingues dans les pays de la région.
Grâce à l’appui et à l’initiative du Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France en Serbie et du Centre culturel français de Belgrade, nos élèves participent à de nombreux événements culturels ainsi qu’à des ateliers créatifs lors des missions d’écrivains français de littérature pour jeunes à Belgrade (Guth Joly, en 2005 et Janine Teisson, en 2006).

Delf scolaire
Les épreuves du Delf scolaire sont organisées au sein de l’école depuis quatre ans grâce à une convention signée entre le ministère de l’Éducation nationale serbe et le Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France en Serbie. Les élèves, notamment ceux des sections bilingues, sont encouragés à valider leurs connaissances en français en passant ces examens et on a pu constater un succès grandissant des diplômes Delf scolaire ainsi que les très bons résultats obtenus par les élèves.

Pour conclure, après trois ans d’expérience bilingue, les professeurs de langue française deviennent de plus en plus soucieux de la spécificité de leur rôle dans le cadre de ce type d’enseignement. La classe de français, comme langue véhiculaire, avec ses caractéristiques propres, demande une recherche continue des activités et des techniques de travail qui répondent aux besoins de nos élèves. Cela suppose aussi une collaboration étroite avec les collègues de DNL et une orientation plus importante vers les projets de classe interdisciplinaires. Nous espérons être dans la bonne voie.

Marija Nesic, professeur de français à l’école Vladislav Ribnikar

* Encouragés par les réformes du système éducatif serbe dans les années 2000, un groupe d’enseignants de français de l’école Vladislav Ribnikar  a entrepris l’élaboration d’un nouveau programme d’enseignement de français en s’appuyant sur le Cadre européen commun de référence. Le but principal de cette révision du programme était de définir les objectifs à atteindre en fonction des compétences langagières, de définir les contenus et  la progression par niveau d’enseignement ainsi que d’indiquer les modalités d’évaluation et les orientations pédagogiques. Le programme a été autorisé par le Ministère de l’éducation nationale serbe et représente une évolution importante dans la méthodologie de travail pour élaborer un programme de langue étrangère en Serbie.


L'ENSEIGNEMENT DES MATHÉMATIQUES EN CLASSE BILINGUE

Pendant deux années scolaires, les professeurs de mathématiques de l'école française de Belgrade, Guillaume Frazier et Dejan Rankovic, ont assuré les cours de DNL au collège Vladimir Ribnikar, en classe de 7e (14 ans) et de 8e (15 ans). Les élèves inscrits en section bilingue ont donc eu, pendant deux ans, deux professeurs de mathématiquess. Ces deux années de travail collaboratif ont permis de développer ensemble ma connaissance du français et une méthodologie originale, propre à notre enseignement.

Il n'existe pas encore de manuel scolaire en français basé sur le programme officiel serbe. Aussi, nous avons décidé de créer un support pour aider nos collègues, dans un souci de transmission de notre expérience.
Sur une proposition de Guillaume Frazier, nous avons donc travaillé à l'élaboration de fiches pédagogiques en revisitant le programme de mathématiques de la classe de 7e afin d'en faire ressortir les unités de sens.
Ces fiches ne sont pas des cours mais plutôt une série de pistes de réflexion qui permettront de préparer des cours en français plus confortablement, sans rien omettre et en y inscrivant une perspective qui, nous l'espérons,  devrait permettre un apprentissage plus durable, par les élèves, des notions fondamentales développées durant l'année de 7e. Ces fiches ont été réunies dans un classeur afin que celui-ci puisse être évolutif. Ce classeur a vu le jour en octobre 2006.
Enfin, je voudrais souligner que ces 2 années de collaboration ont permis d'échanger des pratiques, de progresser dans la compréhension de l'autre et de créer des liens sincères.

Tania Saric Tupara, professeur de mathématiques à l’école Vladislav Ribnikar

Fiche pédagogique


ENTRETIENS

DRAGANA VASIC, DIRECTRICE DU LYCEÉ III

Comment en êtes-vous venue au programme bilingue ?
Dragana Vasić (DV) : je suis directrice du lycée III depuis janvier 2006. Auparavant, j’étais professeur de mathématiques. En février 2004, j’étais dans l’équipe des quatre professeurs qui étaient intéressés par le projet bilingue, j’ai aussi commencé à ce moment là à apprendre le français. En septembre 2004, j’ai assuré les cours d’informatique en binôme avec M. Stevanović, un professeur de l’école française et j’ai pu me former en langue et en pédagogie. Depuis septembre 2006, je dispense uniquement les cours d’informatique, à raison de deux séances par semaine.

Comment s’est passé le passage au programme bilingue ?
DV : le plus dur, c’était de trouver les supports pour la littérature pour les matières non linguistiques parce qu’il n’y a pas de manuel français qui corresponde entièrement au programme serbe. Pour l’informatique, on a travaillé en binôme et on a créé nos propres supports. Une autre difficulté, c’est la charge horaire des professeurs de DNL qui ont vingt cours par semaine comme les autres alors qu’ils ont un très grand travail de préparation.
Tous les enseignants ont commencé à travailler en autonomie en 2006, mais aujourd’hui les nouveaux professeurs recrutés sont déjà francophones, contrairement aux premiers professeurs qui avaient dû suivre des formations en français.

Où en êtes-vous après ces quatre premières années du programme ?
DV : d’abord on voit les bons résultats en français : les élèves ont un très bon niveau. On a aussi aujourd’hui des professeurs francophones et spécialisés dans la gestion de cours de DNL bilingues. La popularité du projet est forte et il y a beaucoup de candidats, ce qui fait qu’on a la possibilité de procéder à une sélection des élèves. Le lycée était déjà prestigieux et le programme bilingue est un plus : on est un lycée unique en Serbie.

Êtes-vous satisfaite du fonctionnement du programme ?
DV : je suis satisfaite de la bonne collaboration avec l’Ambassade de France en Serbie et l’école française. J’apprécie aussi des voyages pédagogiques qui ont été organisés. C’est toujours l’occasion pour les élèves de vivre une nouvelle expérience la langue et de la culture françaises. Une autre chose qui marche, c’est la motivation des professeurs. Au départ, on n’avait que quelques professeurs intéressés, il y a eu un élargissement avec de nouvelles matières et des professeurs de DNL francophones. Ceci a permis aussi de s’adapter au profil littéraire des élèves.

Comment imaginez-vous l’avenir des élèves après le programme bilingue ?
DV : c’est une question difficile. Ils vont plutôt faire des études en langue française ou en sciences sociales. Certains veulent faire leurs études en France, mais les questions financières ne sont pas réglées.

Quels retours avez-vous des parents d’élèves ?
DV : les parents sont contents parce que leurs enfants ont l’opportunité de mieux apprendre une langue étrangère. C’est une manière originale d’améliorer leur français, parce que la méthode traditionnelle n’est pas toujours efficace.

Qu’est-ce que vous espérez pour les prochaines années ?
DV : l’année prochaine, j’espère créer et améliorer les échanges avec des écoles françaises, ainsi que les échanges entre professeurs serbes et français pour établir le programme pour les DNL. On veut aussi faire une évaluation des actions pour faire un bilan qui servira à faire de nouvelles propositions.

Propos recueillis par Karine Bouchez, Service de coopération et d’action culturelle, Ambassade de France en Serbie.

DEUX ÉLEVES DE 4e ANNÉE DU LYCEÉ III

Avez-vous suivi le programme bilingue dès le primaire à l’école Ribnikar ?

Milena : moi oui, je suis allée à Ribnikar ; mais Andrija, lui, n’y était pas.
Andrija : c’est vrai, je suis arrivé directement au lycée III.

Quelles sont vos impressions maintenant que vous êtes arrivés à la fin du parcours ?

Milena : en général, il y a une bonne organisation ; même si ce n’est pas parfait. On a bien amélioré notre français. On a pu faire des échanges et des voyages en France, mais ici on manque un peu d’activités extra scolaires.
Andrija : c’était une expérience originale, pour la première fois en Serbie. Bien sûr on a beaucoup appris, mais il reste des améliorations à faire. Par exemple, il manque parfois des collaborations avec le Centre culturel français pour les manifestations françaises.
En première et deuxième années, on a eu des problèmes avec les manuels pour faire correspondre les livres français et le programme serbe. Les professeurs ont trouvé des solutions et maintenant ils ont tous leurs documents pour les 2e et 3e années.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans le projet bilingue ?

Milena : quand j’étais à Ribnikar et qu’ils ont ouverts les classes bilingues, j’ai voulu y entrer. Je voulais vraiment faire ce programme et mes parents étaient d’accord.
Andrija : Pour moi, c’est une professeure de français qui m’a parlé du programme et qui m’a dit que ça pouvait être bien pour moi. Il faut passer les tests d’entrée et c’est sur le français. C’est normalement le serbe et les mathématiques. Mais pas ici, ce qui fait qu’il y a des élèves qui sont très bons en français, mais moins bons en serbe ou en mathématiques.

Qu’est-ce que ça veut dire pour vous « bilingue » ?

Milena : pour moi, c’est connaître deux langues et avec le projet bilingue on peut vraiment enrichir nos connaissances en français.
Andrija : oui, au début, quand je suis arrivé, j’avais des problèmes avec le vocabulaire. Maintenant, je peux dire ce que je veux en français.

Milena : oui, on est capable de tout comprendre et de penser en français sans utiliser la traduction.
Andrija : c’est une vraie plus-value pour notre carrière d’avoir étudié des matières en français.

Vous avez déjà passé des examens du DELF ?

Milena : oui, j’ai passé le DELF B2 il y a 4 ans et je vais voir pour passer le DALF C1. Mais je dois voir quel certificat de français on nous donnera. Mais je pense que je peux passer le DALF C1 bientôt.
Andrija : moi, je n’ai pas encore passé d’examens, mais je ne veux pas faire B1, B2 et je veux directement essayer le DALF.

Prenez-vous des cours particuliers de français ?

Milena : non, on a déjà beaucoup de français !
Andrija : moi non plus, mais il y a des élèves qui ont des cours en plus.

Quels liens avez-vous avec le français en dehors de l’école ?

Milena : je regarde de temps en temps TV5 ou je regarde d’autres choses.  
Andrija : je regrette un peu le manque de coordination des activités entre le lycée et le Centre culturel français pour voir des expositions, des manifestations. On voit que les activités culturelles pour les étudiants de la section italienne sont plus riches.

Quelles études voulez-vous faire après le lycée ?

Milena : je pense essayer de faire sciences politiques, droit ou relations internationales.
Andrija : moi, c’est pareil. Mais j’ai parlé avec ma professeure de français et je vais peut être faire une candidature pour Sciences-po Dijon. Mais, je crois que la sélection est difficile.

ÉLÈVES DE 7e ET DE 8e CLASSE BILINGUE

Vous avez suivi le cycle de français renforcé avant l’intégration dans la section bilingue, que veut dire bilingue pour vous ?
Cela veut dire plus de cours de français, des cours de DNL plus difficiles car ils sont en français.

Qu’est-ce que le fait d’être dans une section bilingue vous apporte personnellement ?
Apprendre mieux le français. C’est une nouvelle expérience qui me donne la chance de rencontrer de nouvelles personnes.

Pour la suite de vos études ?
Si je suis acceptée au lycée III, je vais en section littéraire, en deuxième choix, je continue en classe bilingue.

Quelles sont les difficultés rencontrées en classe ?
À part des problèmes de discipline dans ma classe, je ne rencontre pas de difficultés particulières.

Avez-vous passé des examens du DELF-DALF ? Si oui, quel diplôme ?
Oui, j’ai le DELF B1.

Pensez-vous faire des études supérieures en français ou liées au français ? Si oui, lesquelles ?
Parce que mon père vit à Toronto au Canada, j’irai peut être faire mes études au Québec et donc continuer d’apprendre le français. Je ne sais pas encore quelles études je veux faire exactement.

Prenez-vous des cours de français en dehors de l’école : cours particuliers ou écoles de langues ?
Non.

Participez-vous à des activités complémentaires ? Journal des élèves, échanges scolaires, manifestations ?
Je chante dans une chorale à l’école (seuls les solistes chantent en français de temps en temps) et je fais de la danse en dehors de l’école.

***********

Avez vous suivi le cycle de français renforcé avant l’intégration dans la section bilingue ?
Non, c’est ma première année dans cette école et en Serbie car avant j’étais au Canada (Toronto) dans une section bilingue anglais-français.

Que veut dire bilingue pour vous ?
Cela veut dire qu’à côté de ma langue maternelle (le serbe) j’apprends une autre langue. Je pense que c’est bien de connaître le français pour trouver plus facilement un travail plus tard.

Qu’est-ce que le fait d’être dans une section bilingue vous apporte personnellement ?
Je pense que les élèves sont plus intéressés et plus polis en classe bilingue que dans les autres classes. Le fait de suivre des cours de DNL en français nous permet de connaître plus d’expressions dans les deux langues (relatives aux maths ou à la physique… ).

Et pour la suite de vos études ?
Je veux aller en France étudier la danse.

Quelles sont les difficultés rencontrées en classe ?
Aucune. Je n’en vois pas.

Avez-vous passé des examens du DELF-DALF ? Si oui, quel diplôme ?
Non, car quand je suis arrivée, il n’y avait pas d’obligation de passer le test.

Pensez-vous faire des études supérieures en français ou liées au français ? Si oui, lesquelles ?
J’aimerais aller faire une école de danse (ballet) en France, à Paris, car ma mère a une amie là-bas qui peut m’aider pour me trouver un appartement et pour m’aider si j’ai des problèmes.

Prenez-vous des cours de français en dehors de l’école : cours particuliers ou écoles de langues ?
Non.

Participez-vous à des activités complémentaires ? Journal des élèves, échanges scolaires, manifestations ?
Non, mais au Canada je participais au journal de l’école. On écrivait des petites anecdotes relatives à la vie de l’école et on vendait le journal 25 cents.

Interviews réalisées par Karine Bouchez, directrice des cours au CCFB et Violaine Foizon, lectrice de français à l'école Ribnikar


LES ÉTABLISSEMENTS DES SECTIONS BILINGUES

Nom de l’école École primaire
Vladislav Ribnikar
Lycée Treca Beogradska Gimnazija
Adresse - téléphone Rue Kralja Milutina 10, 11000 Belgrade
Tél. : 00 / 381 // 11 /3640166
www.os-ribnikar.edu.yu
Rue Njegoseva 15, 11000 Belgrade
Tél. : 00 / 381 // 11 /3640-942
Nombre de classes bilingues 3 (7e, 8e année) 4 ( I, II, III et IV année)
Effectif des élèves bilingues 57 I – 17
II - 18
III - 12
IV - 14
Nombre de professeurs
/ nombre de natifs
8/0 11/1
(9 de DNL et 2 de français)
Matières enseignées en français Biologie
Chimie
Mathématiques

Géographie
H
istoire
Informatique
Chimie,
Histoire de l`art
Biologie
Physique
Philosophie

Psychologie

Horaire hebdomadaire

7e : 6 cours de français et 5 cours de DNL

8e : 6 cours de français et 4 cours de DNL

 Ie année : 2 cours de français et 9 de DNL
IIe année : 4 cours de français et 9 de DNL
IIIe année : 5 cours de français et 8 de DNL
IVe année : 4 cours de français et 9 de DNL
Nombre d’élèves ayant réussi en 2007 les épreuves de fin d’études secondaires   Premiers bacheliers en 2008
Conditions d’admission Test de sélection sur la connaissance du français Concours national
Test d`accès   général d`entrée  + test de français
Nombre d’élèves ayant réussi en 2006 les épreuves de fin d’études secondaires   Premiers bacheliers en 2008 
Échanges Échange avec le collège de Vergèze  
Activités extrascolaires Animations autour de la fête de la francophonie (rallye francophone, dictée… ), expositions Animations autour de la fête de la francophonie (rallye francophone, dictée… ), salon du livre, expositions…
Équipement Cd lecteur
Tv
Dvd  lecteur
Ordinateur
Internet
Cd lecteur
Tv
Dvd 
Ordinateur
Internet

CARTE DES SECTIONS BILINGUES

Sections bilingues en Serbie