FORMATION
DES ENSEIGNANTS DES SECTIONS BILINGUES DE LA COMMUNIDAD DE MADRID.
MAI 2006-2007
par Carmen Macías,
Asesora secciones lingüisticas de Comunidad de Madrid et Dominique
Miquel-Ortega, attaché de coopération pour le français,
Institut français de Madrid
1 - Le contexte
Dans le cadre de sa politique
éducative qui vise à étendre et promouvoir
l’enseignement bilingue, la Communauté de Madrid a
décidé d’implanter des sections bilingues français
- espagnol au collège, dans douze établissements de
la Communauté autonome. Cette implantation sera effective
en septembre 2006.
L’Ambassade de France s’est engagée à
suivre le projet dans son ensemble, notamment en accompagnant la
formation des professeurs concernés. Un partenariat étroit
s’est donc engagé avec la Consejería et a permis de mettre en place une réelle collaboration binationale,
de co-construction, allant ainsi bien au-delà d’un
simple partenariat institutionnel.
Dans un premier temps, il a été
décidé de concevoir une formation initiale comprenant
deux volets : d’une part, la formation linguistique des enseignants
des disciplines non linguistiques (DNL), et d’autre part,
la formation méthodologique pour l’ensemble des enseignants
des sections bilingues.
Pour le premier volet, l’Institut français et la Communauté
de Madrid collaborent à la formation en langue des professeurs
de DNL ayant besoin d’améliorer ou d’actualiser
leurs compétences en français. Des cours, qui ont
fait l’objet d’un accord financier entre les deux institutions,
ont déjà débuté et continueront tout
au long de l’année scolaire 2006-2007.
Pour le second volet, un stage d’une semaine destiné
aux quarante professeurs de DNL (histoire géographie, technologie,
sciences de la vie et de la terre, musique, EPS, arts plastiques)
et aux dix-sept professeurs de français s’est déroulé
du 29 mai au 2 juin 2006 au Centro
Regional de Formación e Innovación de la Comunidad
de Madrid, Las Acacias.
L’enjeu était d’introduire une problématique
méthodologique de l’enseignement bilingue qui prenne
en compte les objectifs de chacun, tout en construisant la nécessaire
articulation entre les différents acteurs de diverses disciplines
et cultures pédagogiques, afin que chacun puisse identifier
et intégrer son rôle dans une perspective systémique.
Pour réaliser cette formation,
il nous a semblé intéressant de tirer partie des ressources
locales dont nous disposions sur place. C’est pourquoi nous
avons sollicité la collaboration du Lycée français
de Madrid, et des enseignants espagnols des DNL d’autres provinces
déjà engagées dans les projets bilingues depuis
plusieurs années.
2- Le montage de la formation
La structure de base du projet
de formation comprenait :
1. Visites de classe et rencontres
avec les enseignants du Lycée français de Madrid,
pour un contact avec la discipline dans l’enseignement français.
L’idée n’était pas de modéliser,
car le schéma d’enseignement ne sera jamais le même,
mais de rechercher des informations et des ressources. Ce qui pourrait
peut-être se prolonger par la suite, par un travail commun
entre enseignants français et espagnols de la même
discipline.
2. Introduction au Français
sur Objectif Spécifique (FOS) pour les enseignants de français
3. Visite du Centre de Documentation
et Information (CDI) du lycée, rencontre avec un libraire
français, exposition de matériel sélectionné
afin de donner des orientations sur les ressources existantes et
aider à l’élaboration d’un choix réfléchi
d’acquisitions d’ouvrages et de matériel par
les établissements.
4. Conférences introductives
sur le bilinguisme et témoignage d’une enseignante
sur son expérience en Andalousie : ressources, articulation,
obstacles et satisfactions.
5. Partage d’expériences
(par DNL) avec les collègues de province.
Les professeurs de français ont assisté à cet
atelier avec des consignes d’adaptation à la préparation
d’un cours de FOS.
Le principe général
de l’organisation était d’alterner le travail
par regroupement disciplinaire (le FOS étant considéré
comme une discipline) et les temps de rencontre, de partage, et
de construction de valeurs communes à l’ensemble des
participants. L’organisation spatio-temporelle s’est
faite de la façon suivante :
| |
lundi |
mardi |
jeudi |
vendredi |
| Professeurs de DNL |
Observation de classes au lycée français de
Madrid
groupe 1 |
Observation de classes au lycée français de
Madrid
groupe 2 |
Suite des échanges d’expériences (par
regroupement disciplinaires) avec les enseignants espagnols
des autres provinces impliqués dans les sections bilingues
depuis plusieurs années. |
Observation de classes au lycée français
de Madrid
groupe 3 |
| Professeurs de Français |
Français sur Objectifs Spécifiques, par JM. Mangiante |
Français sur Objectifs Spécifiques, par JM. Mangiante |
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Tronc commun |
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|
Le mercredi, ont eu lieu :
- la conférence d’ouverture
de Jean Duverger sur l’enseignement bilingue : généralités,
principes et méthodes,
- la conférence de Fabiola Santisteban : articulation, ressources
et démarches,
- des échanges d’expériences avec les enseignants
espagnols des autres provinces impliqués dans les sections
bilingues depuis plusieurs années.
3 - Suite, mais non fin
La lecture des évaluations
anonymes, nous montre un indice de satisfaction en général
très élevé, la moyenne se situant entre 9/10
et 10/10 pour les différents items dans 75 % des questionnaires
remplis.
Il ressort également que la plupart des enseignants demandent
une suite à ces rencontres sous des formes assez précisément
exprimées :
- une continuité en FOS pour les enseignants de français,
afin notamment de mettre en pratique l’élaboration
du matériel et des séquences de cours avec l’aide
d’un spécialiste ;
- pour les professeurs de DNL, un besoin d’intégrer
des groupes de travail par discipline pour mutualiser les pratiques
et les ressources et élaborer du matériel didactique.
Nous sommes conscients que l’évaluation
à chaud, ou « évaluation du show » n’est
pas suffisante pour mesurer la portée d'un tel dispositif.
C’est maintenant sur la durée qu’il faudra évaluer
le transfert et la construction de compétences.
Par contre, nous sommes en mesure d’affirmer qu’un engagement
institutionnel fort dans la formation, en terme de moyens et de
procédures, ne peut qu’accroître les chances
de réussite d’un projet. Les conditions ici semblent
réunies.
Madrid, le 14 juin 2006