FICHES FORMATION  

    L'ENSEIGNEMENT DE LA GÉOGRAPHIE DANS LES SECTIONS BILINGUES

Katérina Rinkeova, professeure de géographie en section bilingue au Gymnazium Pierra de Coubertina de Tabor, propose ici une séquence pédagogique sur le peuplement de l’Europe.
Vous pouvez consulter le programme de géographie des sections bilingues franco-tchèques au format pdf.

Le peuplement de l’Europe : séquence pédagogique

Notions-clés
Densité de peuplement, foyer de peuplement, facteurs explicatifs et flux migratoires.

Savoir faire
C
ommentaire de carte, réalisation d’un croquis simplifié

Progression du cours
a) Introduction : révision des notions-clés.
b) Commentaire de carte des densités de peuplement en Europe (La France en Europe et dans le monde : manuel de géographie Première, édition Magnard 1997, p. 17)

- régions densément peuplées, régions «vides»

  • recherche commune des explications de cette répartition
  • facteurs naturels et leur rôle (climat, relief, présence de l’eau, littoraux)
  • facteurs historiques et économiques (la révolution industrielle, l’urbanisation)
  • l’évolution du rôle des deux facteurs

- en Europe, le foyer de peuplement d’origine ne coïncide pas avec le foyer de peuplement actuel, la population européenne a connu, depuis le XIXe siècle, un dynamisme spatial remarquable

- deux types de flux à remarquer : flux économiques et politiques provoqués par de grands événements historiques : la révolution industrielle précoce en Occident, la croissance économique des années 20, la crise économique des années 30, la deuxième guerre mondiale et ses résultats, la décolonisation, la naissance du bloc soviétique, sa chute, le conflit des Balkans, ...

c) Conclusion : les régions densément peuplées actuellement naissent au XIXe siècle, s’expliquent par de facteurs économiques et historiques, les facteurs naturels expliquent les faibles densités de peuplement de certaines parties du continent

Construction du croquis
a) La création commune de la légende avec trois catégories d’éléments à distinguer :
- une répartition inégale
- facteurs explicatifs
- dynamisme
- le développement de la légende jusqu’à sa forme finale.

b) Une répartition inégale
- fortes densités
- densités moyennes
- faibles densités
- grandes agglomérations

c) Facteurs explicatifs

- naturels répulsifs

  • hautes montagnes
  • contraintes climatiques
- économiques
  • gisement de charbon à la base des pays noirs
  • pôles industriels et tertiaires dynamiques

d) Dynamisme
- flux migratoires majeurs
- externes
- internes

Travail dirigé
1) Complétez la légende en choisissant les figurés adéquats.
2) Sur le fond de carte ajoutez la nomenclature de base.
3) Complétez la carte.


    EXEMPLES DE SUJETS DE GÉOGRAPHIE POUR LA MATURITA BILINGUE

Épreuve de géographie : Maturita bilingue 2002 – 2003
Session de mai
Les candidats ont à traiter l’un de ces trois sujets, au choix.

1 – Dissertation
Organisation du territoire et puissance économique des États-Unis (Croquis obligatoire).
Vous pourrez analyser les rapports entre l’organisation du territoire et la puissance économique des États-Unis, d’abord dans l’occupation de l’espace, puis dans la maîtrise du territoire, enfin dans la localisation des activités économiques.

2 -Question de cours
Peuplement et population en Russie (Croquis obligatoire).

3 - Commentaire de documents
Le rôle de l’Amazonie dans l’organisation du territoire brésilien.

Liste des références des documents (ces documents, à l'exception du premier, ne sont pas accessibles en ligne)
1. Le maillage du territoire brésilien
2. Le peuplement de l’ouest du Brésil (Carte extraite de Historiens-géographes, n° 372, octobre 2000)
3. Le recul de la forêt en Amazonie (Court extrait de L’avenir de l’environnement mondial 2000 PNUE (Programme des Nations unies pour l’environnement)/De Boeck Université, 1999)
4. Le schéma de la colonisation, à partir du cas du Rondônia (Schéma extrait du livre d’Hervé Théry, Le Brésil, Paris, Armand Colin, 2000)
5. Des terres convoitées. (d’après des extraits d’une revue brésilienne, Viva, septembre 1993)
6. Les particularités socio-économiques des États amazoniens (Tableau extrait du livre d’Hervé Théry, Le Brésil, Paris, Armand Colin, 2000)
7. Le sort des Indiens (d’après des extraits d’un article de Courrier international, 27 août 1998)

Questions
1. Présentez les documents et dégagez leur problématique d’ensemble.
2. Décrivez et expliquez le peuplement de l’Amazonie.
3. Quelles sont les facteurs de la colonisation de l’Amazonie ?
4. Quels problèmes l’intégration de cette région au territoire brésilien pose-t-elle ?
5. En conclusion, dressez le bilan de la mise en valeur de cette partie du Brésil.

D’autres exemples de sujets de maturita bilingue
(épreuve écrite, durée 3 heures 30)

Les candidats ont le choix entre une dissertation, une question de cours et un commentaire de documents.

Exemples de jeux de sujets

1 . Dissertation : La mégalopole japonaise, région motrice de la puissance japonaise
2. Question de cours : La Sun Belt des États-Unis
3. Commentaire de documents : La Russie : une crise sociale et ses conséquences démographiques.

1. Dissertation : Les déséquilibres du territoire brésilien : un obstacle au développement ?
2. Question de cours : La mégalopole américaine
3. Commentaire de documents : Le littoral au Japon, support de la puissance ?

1. Dissertation : Le littoral, un espace dynamique. Vous vous appuierez sur les exemples du Japon et de la Chine.
2. Question de cours : La Russie, un espace inégalement maîtrisé
3. Commentaire de documents : Les espaces de la mondialisation.

1. Dissertation : Population et développement en Chine
2. Question de cours : Les contrastes de développement dans le monde
3. Commentaire de documents : L’agriculture aux États-Unis.

La majorité des dissertations et des questions de cours est accompagnée d’un croquis obligatoire que les élèves construisent sur un fond de carte fourni avec les sujets.


    COMMENT PROCÉDER EN SECTION BILINGUE FACE À DES ÉLÈVES DÉBUTANTS EN FRANÇAIS ?
    PROPOSITIONS PÉDAGOGIQUES ET MÉTHODOLOGIQUES POUR FACILITER LA PRISE DE CONTACT

Communication présentée aux Journées du Programme régional de formation, Saragosse, 5 et 6 septembre 2005 : "Enseigner en Section bilingue"
par Pilar Buj, professeure de sciences sociales en français du Collège - Lycée Pilar Lorengar - Saragosse

La discipline non linguistique dans le premier cycle de l’enseignement secondaire obligatoire en Espagne
À qui est destiné l’enseignement bilingue ?

En Espagne, les Sections bilingues n’ont pas été mises en œuvre simultanément ni dans les mêmes circonstances selon les communautés autonomes. Pour prendre un exemple concret, dans la communauté autonome d’Aragon, l’enseignement bilingue commence au premier cycle de l’enseignement secondaire obligatoire. Cet apprentissage s’adresse aux élèves âgés de 12 ans, sans aucune connaissance préalable en français. Il existe quelques exceptions, mais elles sont trop rares pour être significatives. Nos élèves sont donc débutants en français.

D’après la législation aragonaise, les effectifs dans les groupes bilingues doivent être limités, (quinze élèves environ), ce qui dans un premier temps facilite le travail en classe. Mais ces groupes ne sont pas homogènes car le caractère public des établissements ne permet pas d’établir un profil précis pour entrer en Section bilingue ; tout élève qui le désire a le droit de s’y inscrire. Malgré l’absence de quota, les candidats sont informés au préalable des spécificités de cette offre d’enseignement. Avant de commencer, il convient que parents et élèves sachent précisément en quoi consiste la Section bilingue. D’une part, nous avons besoin que les parents se sentent impliqués dans le travail éducatif et nous assurent de leur collaboration. D’autre part, l’élève doit avoir conscience du travail supplémentaire qu'on exigera de lui ; il aura plus d’heures de cours (deux heures supplémentaires de français) et devra étudier l’une des matières au programme, la discipline non linguistique, en partie en français. Bien entendu, nous ne manquons pas de leur dire, qu’en échange, ils auront la chance d’apprendre une langue et de s’instruire dans cette langue.

Comment organiser la première prise de contact ?

Les professeurs de la Section bilingue, aussi bien les enseignants de français que ceux de disciplines non linguistiques, doivent accorder une attention particulière à la première prise de contact avec les élèves. Nous avons à l’esprit qu’ils passent de l’école primaire au collège, ce qui signifie une adaptation à de nombreux changements : plusieurs enseignants, de nouveaux camarades, un emploi du temps aux horaires variables auxquels s’ajoute ce qui est spécifique au programme bilingue. Lors de cette première entrevue, nous découvrons leurs attentes, leurs motivations, l’idée qu’ils se font de l’enseignement bilingue, etc. Il nous arrive d’être surpris par certaines de leurs réponses.
À partir de là, nous leur expliquons les aspects les plus importants du travail que nous allons réaliser ensemble. Nous insistons sur le rythme qui est progressif, sur le fait que la discipline non linguistique n’est pas plus difficile qu’une autre, et que, en outre, nous allons bénéficier du soutien du professeur de français. Certes, ils auront un petit surcroît de travail mais eu égard aux nombreux avantages qu’ils en tireront, le jeu en vaut la chandelle. Pour résumer, nous devons mettre en avant ce que le projet a d’intéressant, d’accessible et même d’amusant. En agissant ainsi, nous constatons que les élèves concernés répondent avec enthousiasme.

Parfois certains élèves de la Section bilingue ne parviennent pas à suivre le rythme des cours, pour diverses raisons : démotivation, difficultés dans l’apprentissage de la langue par exemple. Il faut identifier dès que possible ces élèves en difficulté et leur assurer un suivi individualisé. Si l’ensemble des enseignants le juge opportun, il peut leur être conseillé de quitter la Section. Le tuteur est chargé de parler à l’élève et à sa famille, puisque c’est aux parents de demander l’abandon du Programme. À l’inverse, lorsque des élèves désirent faire partie de la Section bilingue, ils doivent d’abord obtenir l’avis favorable du tuteur et l’accord de leurs parents. Ensuite, le département de français de l’établissement fournit du matériel pédagogique d’appui et en septembre, avant la rentrée, les élèves passent des tests de niveaux.

Comment enseigner une discipline dans une langue que l’élève ne connaît pas ?

L’une des premières difficultés que nous rencontrons, nous les professeurs de disciplines non linguistiques, est de devoir enseigner l’ensemble des contenus du programme didactique défini par les enseignants de français et, qui plus est, d’en assurer une partie en français.
Dans la mesure où nos élèves du premier cycle font leurs premiers pas en français, nous devons nécessairement commencer par exposer en langue espagnole les concepts de la discipline. Une fois ces notions acquises, nous présentons aux élèves celles qui seront travaillées en langue française. Ainsi, après un aperçu global, nous choisissons les concepts les plus adaptés à la fois aux spécificités de la classe et à l’importance du thème. Suite à cette sélection, nous élaborons le matériel pédagogique en français. À partir des objectifs que nous nous sommes fixés, nous adaptons les contenus (qui dans le premier cycle ne doivent pas être excessifs) pour les rendre accessibles et éviter de décourager les élèves.

Pour la première séance, il est pratique et simple de préparer des fiches de travail à l’intention des élèves, dans lesquelles nous pouvons faire figurer :
- le vocabulaire spécifique du thème,
- quelques définitions concises,
- des images ou dessins qui aident à la compréhension du texte et facilitent l’expression orale,
- des explications simples qui mettent en évidence les concepts essentiels, en évitant dans la mesure du possible d’utiliser des constructions grammaticales trop longues ou complexes,
- des lectures faciles qui renforcent la compréhension écrite.

On pourra peu à peu choisir des textes plus riches et plus complexes, mais en privilégiant toujours une approche progressive.

Quel matériel utiliser ?

Avec les années d’expérience au sein de la Section bilingue, nous avons constaté que pour préparer le matériel pédagogique et les activités, il est bénéfique :
- d’acquérir les manuels scolaires utilisés en France, afin d’être au plus près du langage scientifique des différentes disciplines,
- de s’inspirer des cahiers d’exercices, manuels, livres de lecture, activités etc. destinés aux élèves français plus jeunes, parce qu’ils utilisent un langage simple, plus adapté aux connaissances linguistiques de nos élèves,
- d’exploiter Internet, qui est devenu une source très précieuse pour obtenir des informations sur toutes les disciplines que nous enseignons.

Enfin, il est également très utile d’établir un calendrier de travail qui nous aide à équilibrer l’utilisation des deux langues. Nous répartissons à l’aide d’une grille les contenus du thème en fonction des langues, nous quantifions le nombre de sessions dédiées à chacune, etc.

Comment évaluer le processus d’apprentissage ?

Ce sont les activités elles-mêmes qui permettent de vérifier si les objectifs proposés ont bien été atteints et si les élèves ont bien retenus les contenus. En outre, si l’élève est capable de répondre aux questions et de faire correctement les exercices et les contrôles simples en français, il prendra conscience de ses progrès et se sentira stimulé.

Parmi ces activités, on peut citer :
- chercher l’intrus
- compléter les phrases en utilisant les bons termes
- souligner la phrase exacte
- reconstituer les paires de mots entre deux colonnes
- faire des associations d’idées
- répondre par vrai ou faux
- élaborer des définitions simples en utilisant le langage scientifique (distinct du langage courant qui lui est utilisé en cours de français).

Confrontés au large éventail d’activités que nous pouvons proposer et aux contraintes de temps que nous avons, la coordination avec les professeurs de français nous est indispensable. Ces derniers peuvent nous faciliter le travail, apporter des idées et renforcer l’aspect linguistique de la DNL dans leurs cours de langue française.
Il faut souligner que nous nous sommes toujours sentis épaulés par nos collègues professeurs de français et que le moteur de la Section bilingue est précisément ce travail d’équipe. Sans cette étroite collaboration, notre tâche n’aurait aucun sens.