COMPTE RENDU DU
SÉMINAIRE RÉGIONAL SUR L'ENSEIGNEMENT BILINGUE FRANCOPHONE
A SKOPJE
(6 au 8 décembre 2004)
Le
séminaire sur l’enseignement bilingue francophone qui s’est
tenu à Skopje (Macédoine) du 6 au 8 décembre 2004,
a réuni près de 80 participants attachés de coopération
pour le français, chefs de projet et coordinateurs, professeurs
de disciplines non linguistiques (DNL) et de français de quelques-unes
des 192 sections bilingues francophones d’Albanie, Bosnie, Bulgarie,
Croatie, Kosovo, Macédoine, Moldavie, Roumanie et Serbie-Monténégro.
Les conclusions des quatre ateliers
ont permis de dégager plusieurs pistes de travail :
ATELIER 1- TICE
Dans la région, tous les établissements hébergeant
des sections bilingues ne disposent pas d’un accès Internet.
Lorsque les enseignants peuvent en bénéficier, une formation
initiale et continue à l’utilisation des TICE est indispensable
(modalités diverses allant du séminaire trimestriel à
l’accompagnement par une personne ressource au sein de l’établissement).
Il est proposé de créer des listes de diffusion regroupant
les enseignants par discipline (DNL et langue française) ainsi
que les personnes ressources, de produire des fiches pédagogiques
destinées à être mutualisées, d’organiser
des séminaires régionaux par discipline ou groupe de DNL
.
Priorité doit être donnée à la création
et au développement de pages nationales pour l’enseignement
bilingue. Il convient d’en faire la publicité lorsqu’elles
existent (dépliants de présentation). Un constat : les
enseignants ne s’y reportent que s’ils y trouvent des contenus
utilisables dans leurs classes.
ATELIER 2 -
RECRUTEMENT, ÉVALUATION ET CERTIFICATION DES ÉLEVES
L’évaluation pronostique (à l’entrée
en section bilingue) n’est pas assurée dans tous les pays
et la qualité des tests lorsqu’ils existent n’est
pas homogène. En matière d’évaluation formative,
les situations sont variables mais la tendance générale
est d’accorder une forte proportion de la note à la discipline
non linguistique (DNL) elle-même. Les modalités de l’évaluation
sommative varient également d’un pays à l’autre
: il n’existe pas de certifications spécifiques aux sections
bilingues.
ATELIER 3 -
FORMATION LINGUISTIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE DES ENSEIGNANTS
Des formations débouchant sur la conception de matériel
pour les DNL devraient être organisées dans un cadre régional.
La promotion au sein des sections bilingues de projets interdisciplinaires
permet de faciliter l’intégration des enseignants de français
et de DNL.
ATELIER 4 -
STATUT, IMPACT ET VISIBILITÉ DES SECTIONS BILINGUES
Sur ces points, la situation, dans les pays de la région, est
contrastée. Il s’agit de tendre vers une appropriation
complète des sections bilingues par les systèmes éducatifs
nationaux. Il convient pour cela d’œuvrer pour la reconnaissance
du parcours spécifique de l’élève («
matura » bilingue ; mention portée sur le diplôme
de fin d’études secondaires) en se fondant sur le cadre
européen commun de référence pour la conception
des épreuves, en faisant évaluer le système par
des inspecteurs ou conseillers pédagogiques nationaux, en intégrant
la section bilingue au projet d’établissement, en développant
des centres d’information et de documentation, en motivant les
élèves par des échanges culturels et des projets
pédagogiques interdisciplinaires susceptibles de bénéficier
de financements nationaux ou européens, en valorisant le travail
des enseignants de ces sections.
Ce séminaire sur l’enseignement
bilingue francophone, le premier organisé à cette échelle
dans la région, aura d’abord permis de dresser un état
des dispositifs existants. La diversité qui les caractérise
tient aux objectifs poursuivis (filière élitiste
ou non), aux modalités de leur mise en place et de leur
développement
(aspects quantitatifs et qualitatifs), à leur degré d’appropriation
par les systèmes éducatifs (reconnaissance institutionnelle
des formations assurées et des compétences acquises),
aux débouchés offerts sur place en matière
de poursuite d’études (présence de filières
universitaires francophones).
Il aura contribué à renforcer une dynamique régionale
en faveur de l’enseignement bilingue francophone dont chacun
s’accorde
à reconnaître l’intérêt, en termes
de réflexion partagée et d’actions communes à
entreprendre, sans ignorer pour autant les limites qu’imposent
des contextes nationaux assez dissemblables. Le séminaire aura
également donné l’occasion de rappeler que la promotion
du français en Europe passe par celle du plurilinguisme.
Dans le prolongement de ces journées de Skopje et avant le séminaire
de Prague, 2-6 novembre 2005, consacré à l’enseignement
bilingue en Europe, de nouvelles rencontres régionales devraient
avoir lieu.
Yannick Rascouët, chef du bureau du plurilinguisme,
Sous-direction du français, ministère des Affaires étrangères