Histoire du programme

Postuler au programme d’échange d’assistants de langue, c’est prendre part à un dispositif créé il y a plus de 100 ans entre l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France. Comptant aujourd’hui 60 pays partenaires, le programme permet chaque année à près de 6 500 jeunes de partir durant une année scolaire à l’étranger pour assister un professeur de langue et partager sa culture avec les élèves.

Le plus ancien programme de mobilité étudiante

Initiés au début du vingtième siècle, les échanges d’assistants de langue sont officialisés en 1905 par la signature de conventions bilatérales entre le ministère français de l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes et le « Board of Education » anglais d’une part, et le ministère des cultes, de l’instruction publique et des affaires médicales de Prusse d’autre part.

S’ouvrant progressivement à d’autres pays anglophones et germanophones, le programme intègre l’Espagne, l’Italie et la Russie au milieu du siècle. En 1953, il concerne 6 langues d’échange (allemand, anglais, arabe, espagnol, italien et russe) contre 15 aujourd’hui.

Si jusque dans les années 1990, le programme était plutôt réservé aux jeunes gens se destinant à devenir professeur de langue étrangère, il s’est ensuite élargi à d’autres profils et concerne désormais tous les étudiants désireux d’effectuer une première expérience professionnelle à l’étranger.

Des missions immuables

La création officielle de postes d’assistants de langue en France intervient dans le contexte de la réforme de 1902 de l’enseignement secondaire qui abandonne, pour l’enseignement des langues étrangères, la méthode grammaire-traduction au profit de la méthode directe. La nécessité d’une plus grande exposition des élèves aux langues étrangères donne ainsi toute sa légitimité aux assistants de langue.

Il est intéressant de noter que, dès le milieu du vingtième siècle, le contour des missions de l’assistant de langue se dessine déjà de manière précise et que celles-ci sont toujours d’actualité :

  • La présence de l’assistant de langue permet une approche vivante des langues étrangères. Par l’utilisation de supports variés, il donne aux élèves et au professeur une vision authentique et attrayante de son pays d’origine ;
  • Intervenant en appui de l’enseignement du professeur, il encourage les élèves à s’exprimer à l’oral et est invité à leur présenter son pays à travers le prisme de la culture et de la civilisation ; 
  • L’assistant de langue bénéficie lui aussi de son séjour à l’étranger en s’immergeant dans la société du pays qui l’accueille. A son retour chez lui, il en deviendra à son tour un ambassadeur ;
  • Par sa présence, il encourage les élèves et les professeurs à voyager ; il contribue à l’ouverture d’esprit de toute la communauté éducative et, par extension, à l’entente entre les peuples.

L’implication de la France dans l’expansion du programme

En France, les échanges d’assistants de langue ont été gérés successivement par différentes institutions : de 1905 à 1928, par l’Office d’informations et d’études du Musée pédagogique puis, de 1928 à 1980, par l’Office national des universités et écoles françaises. A partir de 1980, le ministère en charge de l’éducation nationale en assure la gestion pendant 18 ans, avant de la transférer au CIEP en 1998, dans le cadre d’une délégation de service public.

Dans les années 2000, le CIEP a accompagné l’expansion du programme qui s’est ouvert à de nombreux pays représentant 15 aires linguistiques réparties sur 5 continents. Une équipe dédiée travaille au quotidien avec, en France, les rectorats et les universités et, à l’étranger, les ministères de l’éducation et les représentations diplomatiques françaises.

Bibliographie